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 [Vagabonds à Louer] Episode 6: Mercenaires.

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Saad
Tyran
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Localisation : J'aurais bien une idée mais ça va pas te plaire.

MessageSujet: [Vagabonds à Louer] Episode 6: Mercenaires.   Ven 20 Jan - 8:47

La route porte sur son dos de terre battue les pas et le fardeau d'un être accablé.
Ses pieds de fer labourent le sol, traînant le poids de l'armure et de son acier, du corps et de son mal, de l'esprit et de ses maux.

La mine dépitée de la lune se reflète sur le métal terni par le temps, agité par les soubresauts de poumons infectés, envahis de ruine et des produits de la chair déliquescente.
Une quinte de toux secoue la carcasse. L'être agressé par la maladie courbe son dos sous la violence de l'assaut. Il s'arrête. La toux va crescendo.

Jetant son armet sur le côté, dans l'espoir de retrouver l'air frais de la nuit tardive, sa gueule s'ouvre béante mais rien n'y rentre, seul sort le souffle vicié, propulsé par le fléau.
Ses jambes ne le supportent plus, l'effort est trop intense. Son genoux lâche, s'effondre sur le sol dans les crissements des plaques d'acier s'entrechoquant, des anneaux de maille glissant les un contre les autres.

Au mucus verdâtre s'ajoute le fluide écarlate. Il laisse dans le sol labouré les graines du mal qui l'a envahi.
L'attaque dure une éternité, ou du moins c'est ce qu'il lui semble. Le vagabond arrache à sa ceinture une flasque de verre, emplie d'un épais liquide.
Une gorgée par jour ? C'est bien trop peu, mais il doit s'en contenter : il n'a que cette bouteille et rien d'autre, s'il vient à en manquer c'est la vie elle même qui lui fera défaut.
La douce caresse de la sirupeuse décoction apaise la brûlure dans sa gorge, la toux se calme et s'arrête. L'effondré remet son armet, et se remet en marche.

L'hostile et impitoyable nature qui encadre la route s'éclaircit bientôt, les arbres se font éparses ou se chargent des fruits d'automne, les chênes laissent place aux pommiers, les fourrés aux petits buissons, les forêts aux vergers et bientôt aux champs.
La civilisation n'est plus très loin. Recalculant une énième fois ses maigres ressources, il constate fatalement que son repas, s'il y en a un, sera loin d'un banquet de roi.


Dans la distance se dessinent les silhouettes des chaumières, l'espoir d'un lieu où dormir, d'un feu auprès duquel se réchauffer et d'une pitance, aussi maigre soit elle, pour combler l'abysse béante que l'on appelle « estomac ». La nuit est calme, solitaire, les fermiers se reposent après leur long labeur, l'appel du foyer a conquis les sédentaires et il n'y a plus dans les rues que des charrettes, des outils de travail, et l'air frais d'un été s'achevant.
Et, bien en évidence à l'entrée même du village, un large écriteau suspendu au-dessus d'une porte : « Auberge ».


La porte s'ouvre, la tête du tenancier se lève. Dans l'encadrement de la porte se dessine l'inquiétante silhouette de ce qui autrefois fut un noble et chevaleresque guerrier. La forme avance.
Ce n'est pas l'armure ternie, malmenée par le temps, ni l'imposante claymore attachée à son dos qui rend le guerrier si oppressant, mais cette sensation presque palpable de déchéance, l'idée que ce qui se traîne, bras ballants, fut un jour brave et resplendissant, pittoresquement honorable et bon.
Ne reste de ce passé glorieux qu'un fragment de ce qu'il a pu être, et le tavernier, reculant d'un pas, ne serait pas étonné de voir derrière la visière du armet le regard vide et perdu d'un homme vieux et fou. Ou pire : d'un mort.

L'être tire un tabouret, et s'y assoit dans le cliquetis de son acier.
Les soupirs rassurés du patron de l'établissement et de ses clients accompagnent le armet se posant sur le comptoir, révélant une barbe épaisse et mal entretenue, des cheveux longs et sales, au blond terni par le manque d'hygiène, et des yeux d'un bleu glacier au regard éreinté. Nul mort vivant, seulement une âme errante. Un client en perspective.

« Je vous sers quelque chose, messire ? » Demande l'homme d'âge mûr, la moustache élégante tranchant radicalement avec la ruralité de l'endroit et de ses habitants.
« Ce que vous avez de plus fort et de plus nourrissant pour... » Entame le chevalier, décrochant sa bourse et la vidant sur le comptoir.
Soupir. Il n'y a que quelques piécettes.
« Ca. »

Le tavernier hausse les sourcils, et souffle bruyamment en lissant sa moustache du pouce et de l'index.
« Bien... Monseigneur, vous m'avez l'air en piteux état, et j'ai pas envie qu'un client de votre rang reste sur sa faim. On va prendre ça comme un crédit. »

Allester lève les yeux, les plante dans les siens, découvrant un sourire compatissant et un regard plein de tendresse.

« Avec une chambre ? » Poursuit le tenancier.
« Si vous en avez la bonté. » S'étonne le chevalier, presque murmurant.

Autour de lui s'élargissent les lèvres et s'illuminent les visages... Un lieux chaleureux et accueillant, peuplé de gens bien intentionnés et qui, la surprise face à l'inconnu passée, semblent se réjouir de sa présence et de la générosité de leur tavernier favori. Ce dernier se retourne et part en cuisine, laissant au passage une chope de bière et une tasse d'une liqueur dont les vapeurs seules attaque la rétine, agresse les narines, et réchauffe les tripes.

Pourtant, parmi tous ces regards, il y en a un que le chevalier ressent à une intensité bien plus grande. Une oeillade insistante... Il tourne le regard.
Une chevelure sauvage, châtaine, encadrant un visage buriné par l'expérience, éclairci par un sourire espiègle, et orné de deux joyaux de topaze le toisant d'un air à la fois intéressé et intrigué... Une tête comme griffonnée sur un coin de feuille, la schématisation d'un visage de femme mercenaire à qui on ne la fait pas, et qui prend plaisir dans son travail et dans la boisson.

Elle lui adresse un salut de menton, il répond d'un hochement de tête.
Le contact est établi, la femme se lève et vient s'asseoir près de lui, emportant au passage sa chope.
Cette dernière rencontre le comptoir, la supposée mercenaire s'assoit.
« Sacré bardas.
-Je vous demande pardon ? » S'étonne le vagabond.
« - Je « te » demande pardon. » Corrige t-elle, une pointe de complicité dans la voix. « L'épée, l'armure... Ils ont vieilli mais c'est du beau matériel. »
« Ce n'est pas à vendre. » Le coupe t-il sèchement, portant sa chope aux lèvres.
« Et ton bras, il l'est ? »

Le guerrier pose lentement son verre...
L'hésitation alourdit l'atmosphère.

« Ca dépend pour quel travail. » Répond-il.
« A d'autres : t'as plus rien dans la bourse, plus rien à becqueter, et si Harold n'était pas l'homme le plus généreux de la région tu mangerais des flocons d'avoine, dans l'écurie avec les chevaux. »
« J'ai vécu avec beaucoup moins, je survivrai. »
Comme pour lui donner tort, le tumulte de son corps malade se réveille. Ses poumons clament leur peine, une nouvelle quinte de toux, qui cette fois-ci semble ne plus vouloir s'arrêter.
Courbé sur l'avant-bras qu'il place devant sa bouche, yeux fermés par la violence du mal, il sent les épaisses glaires remonter par à-coups le long de sa trachée.
La mercenaire recule, la mine déconfite. Il porte sa main à sa ceinture, arrachant le flacon à la sangle de cuir et le débouche à la hâte pour avaler une large lampée du liquide salvateur.
Quelques soubresauts, la toux s'arrête.

Un regard insistant se pose sur une carcasse accablée, et visiblement aux portes de la ruine financière et physique.
« C'est quoi ce travail ? » Demande le cadavre ambulant, la voix rocailleuse.
« Ca conviendra à un nobliaud déchu dans ton genre. » Nargue la combattante, les crocs resplendissants à travers son sourire narquois.
« Je ne suis pas un noble. » Claque t-il. « Je t'écoute. »
« Un sauvetage, qui inclurait un paquet de satyres, un gosse d'à peine dix-huit ans et une belle prime, que je départagerai en deux. Ca te tente ? »

Le silence se pose sur les deux combattants, la surface opaque, la frontière séparant les deux êtres s'ébranlant, s'ébréchant pour, qu'entre les failles de ces miroirs les reflétant et les renvoyant à leurs propres forces, apparaissent les ressemblances, et surtout les espoirs que chacun semble porter.

Pour Allester cet espoir est multiple : La promesse d'une quête glorieuse, pour qui pourrait peut-être apporter quelque salut à son âme en peine, et surtout, surtout l'assurance d'un paiement dont il a drastiquement besoin. Ses ressources viennent à manquer, et si le tenancier a redoublé de bonté rien n'assure que le prochain le fera.

Alors s'éclaire son esprit. Cette générosité, ce plaisir de voir un étranger, surtout dans un lieu aussi reculé... Tout cela était l'espoir qu'il puisse prêter main forte à la mercenaire locale.
Tout était calculé, rien n'était gratuit, et s'il ne paie en pièces, il le fera en sang.
Qu'importe, la perspective d'une telle mission réchauffe un morceau de son être.

La mercenaire a dû sentir son hésitation fondre... C'est la résolution qui transparaît dans les yeux d'acier du chevalier errant.

Il lève sa chope.
« Allester. »
Et elle, trinquant.
« Kleyï. »



P.S: Un épisode vachement plus court que les autres, qui sert de transition ! Mais ne vous méprenez pas, si j'étais mitigé quant au précédent, j'ai pas mal aimé celui-là... Mais j'vous assure, mes p'tits gars, que ceux qui arrivent vont vraiment vous plaire. Je n'en dis pas plus, vous verrez bien !

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Justbazz
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MessageSujet: Re: [Vagabonds à Louer] Episode 6: Mercenaires.   Sam 28 Jan - 21:00

Un bon épisode ! Il y a intérêt que les prochains soient à la hauteur de ce que tu promets.

Sinon, je suis hyper contente de retrouver les Vagabonds à louer, franchement j'adore cette histoire et mine de rien, tes épisodes, le personnage d'Allester et un peu aussi ta façon d'écrire, bhen, ça m'avait manqué.

Bref ! Rendez-vous à l'épisode 7 !

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Moriarty
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MessageSujet: Re: [Vagabonds à Louer] Episode 6: Mercenaires.   Mer 1 Fév - 22:16

Bon, ce commentaire vaut pour l'intégralité de la série, la flemme de tout diviser par chapitres.
C'est génial. J'aime beaucoup le style, le personnage et je suis très curieux d'en apprendre plus. (même si c'est pas le rythme de parution qui va me satisfaire tout à fait sur ce point)
L'intégralité des chapitres est trop vaste pour que je m'arrête sur de petits détails de langue, mais aucun ne m'a plus marqué que ça. Ton style se prête parfaitement à ce que tu racontes. Même le 5, que tu as jugé plus poussif, reste agréable à lire bien que ça soit un peu moins fluide que tout le reste, faut le reconnaître; mais j'ai beaucoup apprécié ce que t'y racontais donc ça compense pas mal.
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Saad
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MessageSujet: Re: [Vagabonds à Louer] Episode 6: Mercenaires.   Jeu 2 Fév - 17:00

Merci pour vos retours les p'tits gars, ça fait vraiment chaud au coeur, notamment de la part de ma plus grande fan et de notre meilleur écrivain ! Ca donne envie de poursuivre. Je suis un peu au point mort parce que je sais pas comment amorcer le prochain épisode, mais je vais tâcher de m'y mettre au plus vite.
Je ne vous décevrai pas !

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MessageSujet: Re: [Vagabonds à Louer] Episode 6: Mercenaires.   

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[Vagabonds à Louer] Episode 6: Mercenaires.
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