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 [Nouvelle] Red Eyes

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Saad
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Localisation : J'aurais bien une idée mais ça va pas te plaire.

MessageSujet: [Nouvelle] Red Eyes   Lun 27 Juin - 21:21

Et ouais, c'est moi qui inaugure le forum d'Arts Littéraires !

Un texte à lire de nuit.

Si vous cherchez des musiques d'ambiance, voilà ma petite playlist:
- Zombie Hyperdrive - Red Eyes
- OGRE - The Bench
          - Negotiation's Over
          - Revengeance Overcharge


Red Eyes

La gomme chauffe sur l'asphalte , sur le verre fumée des vitres se reflète la lumière des néons... Rouge pétant, rose vif, jaune éclatant, violet sensuel... De ci de là, un bleu électrique, un vert profond, quelques touches de blanc et d'orange.
Les rues sont calmes, presque désertes. Un chat noctambule et un passant errant, allant au hasard, sans but ; quelques fumeurs adossés aux murs de leurs bistrots, un ou deux truands.
Sur le passage de la voiture, aux allures d'avion de chasse, une bande de punks goguenards relèvent la tête. Les canettes de bière à la main, les bottes ferrées aux pattes et le torve aux yeux, ils dissimulent en tas d'ordures pieds de biche, tuyaux de plomb et tessons de bouteille, un arsenal des rues auquel ils adjoignent les chaînes qu'il portent à la ceinture, les ceintures elles-mêmes, et sûrement un cran d'arrêt ou un poing américain, dissimulés sous leurs bombers et leurs vestes de cuir.
Sur la plaque magnétique, on peut voir « OGR3 AND R3D 3Y3S »

Les yeux braqués sur la route, le pilote scrute la ville, et, le coin de l'oeil aussi éveillé que le centre, voit ce que d'autres ne feraient qu'apercevoir.
Plus encore que l'observer, il la contemple.
Il pourrait le faire sans même ouvrir les yeux, tant il la voit, tant il l'a vue, tant ces rues lui sont familières.
Il la revisite le soir, le jour, la nuit, dans ses rêves et dans la torpeur matinale, voit les lumières colorées dans le noir de son café ; sur les feuilles blanches et sans le moindre trait, il redessine ces bâtiments.
Une main sur le volant, et l'autre sur le levier de vitesse, un pied sur l'accélérateur et l'autre sur le frein, mieux installé que sur le trône d'un roi, plus libre qu'une plume au vent : assis sur le siège, les roues sur terre, l'esprit dans le moteur.

Le diesel vrombisse, ronronne comme un vieux matou, au chaud sous le capot, caressé par les coups successifs de frein et d'accélérateur. Le pot d'échappement crachote, éternel fumeur.
Le réservoir, l'injecteur le pompe, forcés à travailler de concert ils parviennent à s'entendre.
Et le conducteur, le pilote, celui qui donne la direction, sourit légèrement en pensant au balais rythmé de la mécanique, à la musique de garage qu'ils jouent ensemble.
Allumant la stéréo, il tire de sa poche intérieure un paquet estampillé « Fumer Tue », choppe une clope entre ses dents, l'arrachant à ses sœurs, avant de remettre à sa place leur boîte en carton.
Il en extirpe maintenant un briquet, et d'un geste expert du pouce, précis comme la taille d'un samouraï, crée la vie, la flamme, d'un rien : d'une mèche, d'une pierre et d'un peu gazole.
Grillant d'un bout le papier rempli de tabac, il range son instrument métallisé, et aspire profondément, crachant la fumée par ses nasaux, un vieux dragon aux lunettes de soleil.

« … Il est bient-krrrr -inuit sur nos on-krrrr... »
Le bouton de la chaîne roule entre ses doigts.
« … krrrrrr belle soirée à vous tous les krrrrrrrrrrrr... -coute tout de suite « Hyperdrive » des Stalkers. »
La radio semble s'être stabilisée, les notes de synthé aiguës se mêlent à un riff de guitare nonchalante et presque mélancolique. Bientôt, des pulsations aux sonorités électriques viennent caresser les oreilles du pilote, une douce balade... Sous laquelle semble se cacher une détermination inexpliquée, une mission indicible.

Les freins mettent un terme à la course des roues, et la portière s'ouvre devant un pub aux néons défectueux.

« The Bench »

Le pilote entre, une mallette à la main, son blouson rouge aux manches blanches, ses lunettes de soleil aux verres écarlates attirant l'attention des clients attablés dans l'atmosphère d'abattoir planant sur le lieux, les murs et le sol carrelés, blancs, éclairés par la lumière glauque d'une lampe en fin de vie.

Le taulier lui lance un regard suspicieux, un œil à demi-clos. Il fouille lentement sous le comptoir, gardant le pilote dans sa ligne de mire, tandis que celui-ci s'approche, et sort un paquet de cartes à jouer, une boîte noire aux contours dorés, des lettres carmin décrivant dans des courbes princières les mots :
«  Golden Red
    Edition Spéciale 1997 »
Princières car délicates... Mais empreintes d'une dureté martiale, solennelle.
Il en tire une carte qu'il pose face cachée, un contour blanc, un fond noir, des symboles floraux dorés l'ornant comme une pièce de musée.
Le tenancier l'attrape de ses gros doigts et la retourne, puis, dans un haussement de sourcil surpris, la lui rend, pointant du pouce une salle cachée par un rideau de perles en plastiques.

Remettant la carte dans le jeu, et le jeu dans sa veste, le pilote se dirige dans la direction indiqué.

Entrant dans la salle des membres apparemment privilégiés, l'endroit sombre et cette fois-ci faiblement illuminé par quelques ampoules émettant dans le rouge, le violet et le mauve sombre, il fait connaissance avec la deuxième partie du banc des accusés : Des hommes aux traits patibulaires, des gueules de rats et des têtes d'informateurs, des mafieux et des truands en costards, des gangsters aux manières douteuses, entourés de créatures somptueuses et dont les sourires aguicheurs peinent à cacher la détresse, jouant et buvant, riant fort et grassement, se remplissant d'alcools forts et aux goûts discutables, le tout dans l'odeur rance qu'on les lieux mal famés.

Le pilote les aperçoit, mais sans les voir, il se retourne et toque trois fois contre le mur.
Un judas coulisse, révélant deux yeux aux veines apparentes, fusillant d'un regard assassin le type aux lunettes de soleil.
Du fond de ce qui semble être la salle cachée s'élève une voix vicelarde mais enjouée. Quoi qu'elle ait pu dire, cela convainc le regard de bouledogue de laisser rentrer l'arrivant, ouvrant la porte camouflée en mur pour la refermer aussi sec.

Nouvelle pièce, nouveau décor, une moquette rouge décorée dans un style abstrait, géométrique et régulier, de jaune et de vert, et une table ronde, une table de poker sans mise et sans cartes.
Six hommes y sont attablés, Deux autres restent debout, adossés à un minibar, tandis qu'une brute épaisse, un monstre de bien cent kilos, tient le rôle de portier, un fusil à canons sciés contre le mur.

Écarté du reste de ses collègues, une distance respectable le séparant des autres joueurs, un des six hommes lui fait face, assis sur un fauteuil de cuir, un costume gris sombre rayé de noir sur le dos, et une montre à l'apparence coûteuse au poignet.
Son visage, légèrement bouffi par le crime, s'illumine en voyant la mallette.
D'un signe de la main, il enjoint le pilote à s'approcher, ses sous-fifres souriant largement.

Comme provenant du tréfonds des abîmes, perdues dans les archives du logiciel de mixage, des pointes régulières, inquiétantes et terribles, ponctuent la musique.

Le pilote donne la mallette à un des joueurs, qui la passe à son voisin, qui la passe à son voisin, qui la tend à son chef, qui l'ouvre...

Un étrange instrument à vent, semblable au hurlement d'un loup fantomatique, vient faire planer sa sombre prémonition sur le morceau, dont la guitare s'enflamme, les basses s'amplifiant.

Et se décompose.

Tout se coupe.

Tandis que son regard se tourne vers le pilote, ce dernier élargit son sourire, l'élargit jusqu'à en découvrir des dents blanches, plus blanches que l'ivoire.

Deux pulsations, et un coup de tambour, tel un couperet tranchant une nuque.

Un mouvement furtif du bras...

DumDum
… Et un pistolet à silencieux jaillit dans sa main.

DAM
KOHM-47, douze balles.
Trois de trop.

La mélodie meurtrière d'une traque, une chasse à l'homme, bouleverse totalement l'espace sonore.

Trois dixièmes de seconde, c'est encore trop, c'est le temps de réaction d'un humain face à une situation inattendue, le temps d'atteindre son arme s'élève à environ deux secondes, et c'est encore trop.
Car en deux secondes, deux cris ont été étouffés par le silencieux. Le chef et le bouledogue gisent à terre, la cervelle partiellement réduite en bouillie.

Deux nouvelles pulsations, comme un fusil que l'on arme.

Dumdum
Les deux hommes au minibar se jettent sur leurs armes, pistolet mitrailleur et revolver de gros calibre.

DAM
Deux secondes plus tard, ils renversent trois bouteilles en s'effondrant. Deux de vodka et une de scotch.

La guitare s'affole, enivrée par les battements agressifs, ceux du cœur d'un guerrier, elle entreprend un solo dévastateur, où les notes furieuses se mêlent à des pulsions, de nouvelles pulsations, une batterie informatique et brutale sonnant tel le clairon de la fin des temps, et là encore, la mortelle batterie revient à la charge.

Dum dumdum
D'un coup de pied, il renverse la table. Une chaises bascule, faisant tomber son occupant ; un menton est frappé, un nez également.

DAM DAM
Seul le plus vif parvient à se lever avant que ses dents ne mordent le bois.

DAM
La culasse part en arrière. A bout portant, la balle traverse les tempes et vient se loger dans le sol.


La guitare répond à ces dernières agressions par quelques accords signant la fin d'un ère, et celle du morceau.
Le reste n'est que plaisanterie, toute menace est écartée.
Au bout d'une dizaine de secondes, il ne reste plus que 3 balles dans le chargeur... Aussi imperceptiblement qu'il est venu, le KOHM disparaît.

La mélodie reprend son ton mélancolique et solitaire, le calme revient.
Il n'y aura ni douilles ni traces de semelles, et pour ce qui est des balles les hollow points ont cela de superbe qu'elles se fragmentent à l'impact. Il suffit ensuite de les entailler pour obtenir des Dum-Dum, des balles à la capacité d'expansion si redoutable qu'un trou de balle dans l'abdomen peut aboutir à des fragments à la fois dans la jambe et dans l'épaule.

Le pilote sait ce qu'il fait.

Son étrange sourire toujours aux lèvres, il essuie les empreintes digitales présentes sur l'anse de la mallette, et sort de la pièce, son vague sourire aux lèvres.

Rentrant dans la voiture, il met le contact.
La radio s'allume à nouveau.

« ...'était « Hyperdrive », par Stalkers, j'espère vraiment que vous avez aimé, c'est un de mes morceaux préférés... Maintenant, notre jeu de la soirée : A vous de choisir la prochaine musique qu'on diffusera sur la station, vous avez quelques minutes pour appeler, et en attendant, on vous laisse avec... »
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Juuseiki
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MessageSujet: Re: [Nouvelle] Red Eyes   Mar 5 Juil - 17:01

Les mots de ce texte sont tellement compliqués qu'a chaque phrase je dois aller sur wikipedia XD

en tous cas bon boulot :D

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Si tu ne peux pas voler,
alors cours.
Si tu ne peux pas courir,
alors marche.
Si tu ne peux pas marcher,
alors rampe,
mais quoi que tu fasses,
tu dois continuer à avancer.

-Martin Luther King.


Juu survivant de l'enfer.
Juu souvent croise le fer.
Juu dans le chaos des esprits.
Juu contre les fous les bandits.
Héros du futur, il fait respecter la loi.
Il est l'héritier des plus grands maîtres chinois.
Il n'a qu'un seul but, il n'a qu'un seul idéal.
Combattre et détruire les Forces du Mal.

Auteur : xfangs                         écrit le : 13/03/2016


you're gonna have a bad time
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Saad
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MessageSujet: Re: [Nouvelle] Red Eyes   Mar 5 Juil - 20:51

Haha, merci mon gars. Et si je peux t'apprendre un ou deux mots, c'est tout bénef !

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Iskaras
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MessageSujet: Re: [Nouvelle] Red Eyes   Lun 11 Juil - 18:49

C'est raconter de façon original, uun beau mélange de style je trouve qui donne une poèsie pour une histoire bien sombre^^
Par contre "RED EYES" a t'il un sens précis ?
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Saad
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MessageSujet: Re: [Nouvelle] Red Eyes   Lun 11 Juil - 19:34

Eh bien, oui, il se trouve que Red Eyes est la musique de Zombie Hyperdrive que j'ai écouté en commençant à écrire la nouvelle. Et comme j'ai jamais d'idée pour les titres... (tu verrais ceux des Cités-Etats de la bande, c'est à pleurer) Disons que c'était une jolie référence à caler au bon moment.

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Iskaras
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MessageSujet: Re: [Nouvelle] Red Eyes   Lun 11 Juil - 21:05

Ah d'accord je comprend mieux
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MessageSujet: Re: [Nouvelle] Red Eyes   Ven 23 Déc - 19:25

J'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup aimé.
En réalité je l'ai relu trois fois avec les musiques.
Ce texte à des passages très beaux à lire, c'est très bien écrit. ( comme tous tes textes que j'ai eu l’occasion de lire en fait, je le dirai à chaque fois ) Ces passages rythmés et cette atmosphère sont géniaux. C'est très bien jouer !

Je ne sais pas quoi rajouter à part peut-être un grand bravo.

Sur ceux, bonne continuation.
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Saad
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MessageSujet: Re: [Nouvelle] Red Eyes   Sam 24 Déc - 14:30

Merci ma p'tite, ça m'fait plaisir que tu aimes.

Après... En relisant ma nouvelle je me rends compte de tous ses défauts.

Mais que l'ambiance et le rythme te plaisent, ça ça m'plaît énormément, c'était vraiment l'objectif de la nouvelle.

Et je n'sais quoi rajouter si ce n'est un grand merci.

J'me r'mets au taf.

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