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 La ville n'est pas loin (Nouvelle)

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Ossip
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MessageSujet: La ville n'est pas loin (Nouvelle)   Mar 13 Juin - 1:26

Les chœurs sont là. Les gens s’en vont. La rivière est claire et le temps résonne en elle. Comme un claquement de doigt soudain. Une éclaboussure. Un coup de tambour lointain. Tout est calme et le soleil se couche. On dirait qu’il s’éteint. Moi je suis là… assis dans l’herbe. La ville n’est pas loin. On entend d’ici son chant. Les voitures parlent aux pavés. Je sais que ce n’est pas possible mais… si je lève la tête… que je ferme les yeux et que je me concentre… j’entends le petit bruit liquide et discret des bottes sur l’eau des pierres. Il a plu hier. J’ai pleuré hier. Nous sommes en été, pourtant j’ai froid. Le vent me caresse et pose ses lèvres contre ma chair juvénile depuis maintenant quelques heures. J’ai froid. On se laisse un peu mourir quand on à quinze ans. On croit que l’on est assez vieux. On croit que l’on va vraiment mourir jeune. À quinze ans… on est un peu comme un arbre qui chante : naïf, vieux et mélancolique. J’ai pleuré hier.

Les chœurs sont là. Les gens s’en vont. Le temps résonne.

J’ai fini ma bière. Elle était froide et amère. Le vent a fait tomber la chope et la mousse vient maintenant côtoyer l’herbe. Ce soir, je ne vais pas rentrer chez moi. Je vais rester là et écouter les vignes pousser pendant que Friedrich dort sous l’arbre juste en face de moi de l’autre côté de la rivière. C’est drôle de le voir cuver. Lui, il n’a pas piqué de bière. C’est une gnôle qu’il a volée. Lui et Hermann l’ont presque entièrement descendu mais ce dernier est parti avant d’en être assommé. Ce n’est pas grave, ce soir nous dormirons là. Une salopette, une chemise, une rivière, un ciel. C’est tout ce qu’il nous faut. Je ne puis m’empêcher d’arborer un large sourire. Ce soir je me sens bien. Hier, j’ai embrassé Wolfgang dans l’église. On chantait Unter Deinen Shirmen. Moi j’écoutais la tête dans les bras dans le parloir. Soudain quelqu’un entre dans la cabine du prêtre. Pensant que c’était le curé j’allais m’excuser de ma présence clandestine, quand je l’aperçu a travers la grille, ses yeux bleus. « Pardonnez moi mon fils, mais vous allez pécher » a t-il murmuré avant de me rejoindre de l’autre côté. Hier… j’ai embrassé Wolfgang dans l’église.

Les chœurs sont là. Les gens s’en vont. Le temps résonne.

La semaine dernière, la vieille Elen est morte. Elle s’est pendue. Elle avait soixante dix spet ans la vieille Elen Kowski. J’aurais tendance à dire, qu’en quelque sorte, elle s’est pendue au bout du temps. Elle était douce la vieille Elen. Mais, elle était un peu triste la vieille Elen. Elle nous cachait toujours quand on faisait n’importe quoi. Elle ne nous a jamais dénoncé. Tous les matins je posais une fleur devant sa porte pour la remercier, elle adorait les fleurs. Je ne pense pas qu’elle se soit tué par désespoir, elle devait en avoir marre la vieille Elen. Les médecins la maintenaient en vie depuis des années. Ses enfants, ses amis, son mari sont mort il y a longtemps. Il ne lui restait plus que nous. Nous et Elen… quelle belle histoire ce fut. Laissons-la partir. Bon sang, voilà que je vais me mettre à pleurer. Allons c’est trop rare un sourire pour le laisser s’effacer.

Les chœurs sont là. Les gens s’en vont. Le temps résonne.

Il fait nuit désormais. J’ai envie de me baigner dans le ciel. Je retire mes vêtement… pénètre dans l’eau… me pose contre un rocher. C’est drôle de se sentir comme une étoile. Ça donne des airs de grandeur. Ça donne l’impression d’être dans un tout, parfaitement égal en essence et pourtant si difforme et divisé. J’ai l’impression de me stabiliser. J’apaise mes cœurs. J’aurais voulu sortir de ma mère aussi paisiblement. Le 8 avril 1925, est né Hans Rische, à minuit… comme le diable. N’étant pas acceptable, officiellement l’heure de la naissance est vingt trois heures. Le 8 avril… est né le diable. J’aime beaucoup cette assertion. Au fond, c’est ridicule… mais encore une fois ça donne de l’importance. C’est capital de se sentir important ; même en temps que poussière parmi la poussière. Quitte à être aussi vain qu’une poussière, autant être de la poussière d’étoile.

Les chœurs sont là. Les gens s’en vont. Le temps résonne.

Je me suis séché à présent. Finalement je n’ai pas dormi et le jour s’est levé depuis une heure. Il fait encore froid. Le chant des voitures se fait ouïr de nouveau tandis que les oiseaux leurs répondent. Soudain, l’harmonie est troublé par les trompettes et les tambours de cette maudite parade militaire. Deux cents abrutis qui écrasent les pavés. Les gens rentrent chez eux ou viennent admirer la balade des crétins. Il y a, cependant un bon côté. C’est la musique qu’ils vont faire passer dans les micros. C’est le Liebestraum qui résonne de Liepzig à Salzbourg. Les soldats meurent. Les familles pleurent. Les pays tombent. Mais c’est le Liebestraum qui résonne de Berlin à Vienne.

Et les chœurs sont las. Les gens s’en vont. Le temps se bat.

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Moriarty
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MessageSujet: Re: La ville n'est pas loin (Nouvelle)   Sam 17 Juin - 12:43

Niveau stylistique c'est toujours aussi bon. Je suis pas fan des marques d'oralité dans le texte, mais ça a son charme. Par contre la phrase récurrente... Disons que je vois l'intention, mais qu'elle sert à que dalle, trop peu de rapport au texte
En soi, ça ferait un excellent début pour un texte plus long. Mais en soi, en l'état, je peux pas m'empêcher de trouver ça assez vain.. Pas d'action significative au-delà du flashback, qui au final n'aboutit à rien puisque, au même titre que les autres infos sur le protagoniste, tu te contentes de les poser sans rien en faire.
Alors oui, bon, certes c'est contemplatif, mais c'est très limité. Alors qu'avec un peu plus de rigueur, tu pourrais établir une narration qui donnerait infiniment plus de force à ton propos que juste le poser là.
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Ossip
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MessageSujet: Re: La ville n'est pas loin (Nouvelle)   Sam 17 Juin - 12:59

La passivité du personnage est tout a fait voulu... elle montre un autrichin mélancolique et passif face à la guerre et qui malgré son jeune âge se retourne un peu sur sa vie comme une personne agé... comme il le dit au début, a son age il se croit assez vieux. Il est dans une mélancolie totale. Pour ce qui est la reprise anaphorique elle a un but musical mais aussi un sens : les choeurs se sont les chanteurs de la parade militaire, les gens qui s'en vont ce sont les gens qui rentrent dans leur maisons en voyant arriver les soldats, les gens qui meurent et les gens qui quittent l'Allemagne. Il y aussi une précision historique et langagière a faire. En effet dans les années 30 et 40 losqu'un territoirre était annexé par l'allemagne on faisait passer le Liebestraum de Lizst en signe de victoire. Liesbestraum voulant dire quelque chose comme liberte ou un truc comme ça. C'est un jeu de mot avec le Lebeschtraum quiveut dire espace vitale, mot très utilisé dans Mein Kampf.

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MessageSujet: Re: La ville n'est pas loin (Nouvelle)   Sam 17 Juin - 17:34

Liebestraum ça veut dire "rêve d'amour", à ne pas confondre avec le "Lebensraum" hitlérien.
C'est pas la passivité du personnage que je critique, c'est celle de la narration. Un personnage peut être totalement passif tout en étant acteur d'une histoire. A fortiori, il doit être acteur d'une histoire pour que le lecteur se rende compte de sa passivité face à l'action.

L'Autriche, la guerre et tout c'est cool, mais t'en fais rien. C'est juste un vague cadre esquissé entre deux souvenirs, ça ne crée aucun enjeu. Il suffit pas de poser à moitié un décor et de lancer un développement de personnage pour créer une histoire. Ca constitue un très bon début mais en aucun cas une fin, et faire d'un pareil concept un simple bout de texte balancé au pif, c'est un terrible gâchis de style
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Ossip
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MessageSujet: Re: La ville n'est pas loin (Nouvelle)   Sam 17 Juin - 19:35

C'est ce que je dis Mory... faut pas confondre mais je pense que le jeu de mot est fait expres. C'est assez cynique.

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Saad
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MessageSujet: Re: La ville n'est pas loin (Nouvelle)   Mer 21 Juin - 0:17

J'ai pas mal aimé celle-ci. C'était simple et joli, même si les interjections du style "bon sang" cassaient un peu le côté mélancolique et lyrique, je pense que tu aurais pu t'en passer.
L'ambiance est très onirique, on dirait un rêve raconté. Enfin, c'était bien mon gars, continue comme ça.

"Quitte à être aussi vain qu’une poussière, autant être de la poussière d’étoile." Je l'ai beaucoup aimée, celle-là. J'la ressortirai.

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- Merci à Loleyke pour cette signature qui déchire.
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Ossip
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MessageSujet: Re: La ville n'est pas loin (Nouvelle)   Mer 21 Juin - 11:47

En fait je voulais que le texte soit comme une pensée... les écarts de style tel que "bon sang" visaient à montrer une fulgurance, une immédiateté, une proximité de l'action. Merci beaucoup sinon, c'est vrai que cette phrase là j'en suis pas mécontent pour une fois.

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