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 [Chap2] Un moment d'égarement entraîne une vie d'hérésie

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Aratos
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MessageSujet: [Chap2] Un moment d'égarement entraîne une vie d'hérésie   Mer 10 Mai - 22:16

J'ai essayé d'utiliser plus de figures de style. Le plus dur à été de savoir où en mettre sans alourdir le reste... J'ai du rajouter l'équivalent d'une page, j'espère ne pas avoir loupé certains passage important... (et avoir fais correctement les rajouts aussi...)
Dans ce chapitre autre chose me chiffonne mais je vais attendre un retour avant de dire quoi, ça ne te choquera peut être pas plus que ça x)

Also: j'ai refais un topic pour le chapitre et ai donc fait un C/C du post que j'avais originellement mis. Les passages en italique ont sauté et j'ai completement la flemme d'aller les chercher, toutes mes excuses. Ca concerne les phrases en nostraman. D'ailleurs y a une véritable recherche sur la langue, si ça vous passionne, vous pourrez vous torturer à déviner le sens des mots, la conjugaison et la grammaire au fur et à mesure que de nouvelles phrases seront écrites)

CHAPITRE 2


Chisana avait à peine fermée l'œil de la nuit. Elle priait le trône depuis son arrivée sur le vaisseau.

Elle entendit l'ouverture automatique de la porte, espérant qu'un filet de lumière vienne envahir sa cabine et contracter ses pupilles mais en vain. Tout semblait toujours plongé dans la pénombre sur le Dread of Mankind, ça n'avait rien d’apaisant, elle devait se concentrer pour distinguer quoi que ce soit.

Evdomos surgit et lui jeta des habits propres.

" - Pour ne pas finir égorgée dans les couloirs, souffla le serf sèchement en l'observant. Change-toi et rejoins-moi dehors."

La jeune femme se redressa, surprise d’avoir eue une visite aussi brusque, et déplia la pile de tissu. Ses vêtements réglementaires impériaux ne convenaient effectivement plus, à son plus grand regret. Elle se déshabilla, son ventre était couvert de bleus. Son propre camp l’avait battue dans la panique de l’attaque. Ses camarades avaient voulu montrer leur bonne volonté à leurs agresseurs en ciblant le même ennemi qu’eux et tous avaient fini égorgés.

Elle rejeta les souvenirs douloureux de la veille et enfila sa nouvelle tenue. Un pantalon de toile gris et une chemise bleu-nuit.

Chisana se pencha sur le miroir de sa cabine. Elle était pâle et malgré l'obscurité, elle parvenait à distinguer ses cernes. Les vallées sous ses paupières se creusaient. Des traces rouges sur ses joues indiquaient le chemin parcouru par les rivières de larmes versées les heures précédentes. Elle était dévastée.

Elle ouvrit l'entrée d'eau et se débarbouilla. La jeune femme soupira et tenta de coiffer ses longs cheveux noirs ébouriffés. Un éclat sur son col retenu son attention. Une broche argentée en forme de griffe y était fixée. Elle se souvint que son guide en avait une également et supposa que c'était une marque de leur rang. Elle lui demanderait plus tard de quoi il retournait précisément.

Sa chambre était vétuste. Des sanitaires, une douche et un lit. Aucune décoration. Une lampe à la lueur très faible et un miroir reflétant le désespoir de la jeune femme.
Cependant la pièce était relativement propre. Des taches de nature inconnues subsistaient sur certaines surfaces mais des signes de frottements étaient distinguables. Un minimum d’effort avait été dépensé dans cette pièce et la jeune femme se demanda si tous les humains sur ce vaisseau avaient le même traitement.

Chisana activa la commande d'ouverture de la porte heurter Evdomos qui se tenait au seuil de l’entrée.

"- Tu as pris ton temps, servante du seigneur Elygon, soupira-t-il visiblement pressé, suis-moi, nous allons te chercher de quoi vivre sur ce vaisseau et je vais t'expliquer comment y rester en bonne santé le plus longtemps possible. Interromps-moi si tu as une question.

Chisana se mit à marcher sur les pas de son guide, gardant une distance raisonnable avec celui-ci. Il sentait la mort et l’emmenait avec lui : les visages étendus sur son long manteau appelaient à l’aide. L’usure du cuir ne faisait qu’accentuer la détresse et la souffrance lues sur les plis de l’habit.

- Tout d'abord, la broche que tu as sur le col est un moyen pour les membres de l'équipage de savoir qui tu es, commença-t-il d’une voix de ténor, en la voyant, ils savent que tu sers un membre de la Légion et que s’ils s'en prennent à toi, leur supplice sera sans fin. Garde-la toujours avec toi. Quand tu seras plus connue, tu pourras te permettre un oubli mais pour l'instant, c'est un gage de survie.

Un discours comme celui-ci ne la mettait certainement pas en confiance, bien au contraire. Néanmoins, elle ne s'attendait pas à se sentir chez elle parmi des renégats.

- Tu vas servir Elygon, le second capitaine du vaisseau et également le chef de la seconde griffe. Ne lui mens pas, ne le trahis pas. C'est un des plus vieux membres des Night Lords sur le Dread, même les plus hauts gradés que lui le tiennent en estime.

- Comment se fait-il qu'il ait besoin de moi ? Interrogea Chisana, je ne suis pas spéciale, d’autant plus qu’un membre éminent comme lui devrait déjà avoir un esclave, non ?

- Le dernier est mort récemment mais ce n'est pas à moi de te dire comment, ricana le serf en tapant des mains, de plus, tu devrais te réjouir, tu es peut-être encore vivante grâce à ça. Et ne crois pas que je n’ai pas remarqué la raillerie dans ta voix, fait attention au ton que tu emploies.

Sans comprendre comment elle avait pu être insolente, Chisana resta de marbre et continua d’avancer. Elle se demanda si mourir n'était pas préférable à un tel sort et visiblement Evdomos avait deviné son raisonnement et éclata d'un rire aigu et dérangeant. La jeune femme poussa un juron.

Il se retourna, tout sourire avait disparu de ses lèvres percées, le revers de sa main frappa le visage de la recrue.

- Plus d'incantation au faux empereur, plus de référence à ton ancienne vie. Cracha-t-il haineux. Ce sera toléré à tes débuts mais si un Space Marine t'entends tu seras sévèrement punie ; n'oublie pas de rajouter un "monseigneur" lorsque tu t'adresses à eux, rappelle-toi qu’ils sont divins par rapports à nous. Maintenant colle moi de près, nous sommes arrivés, ne laisse pas la vermine t’emporter.

Le visage rougi de Chisana lui faisait mal, elle pouvait sentir l’empreinte de la bague en massant sa joue. Elle retint une larme et suivit son collègue dont l'étiquette "lunatique" s'était rajoutée sur son front.

Un corps dépecé pendu par les pieds était suspendu à l’entrée du passage. Des mouches de la taille de son pouce volaient autours, pondant leurs œufs dans la carcasse à vif. L’odeur allait avec : un mélange de souffre, de vomi et de produits chimiques émanaient du cadavre.

Une large tache de sang avait repeint le sol et celui-ci était devenu poisseux. Les pas de la servante collaient et l’effort qu’elle faisait pour détourner le regard et se forcer à ne pas vomir était inhumain.

Evdomos remarqua son malaise et prit la parole, le plus naturellement possible :

- Il tenait des propos séditieux et commençait à gagner de l’influence, la Légion m’a autorisé à faire un exemple. Apprends à ne plus être choquée par ce genre de choses, c’est commun sur ce vaisseau… Il va causer des maladies, il faudra le bruler d’ici-peu…

La servante remarqua que d’un pont à l’autre, les conditions de vie changeaient drastiquement. Comparé au quartier de sa loge, l’état des lieux était déplorable.
Le sol était sale, couvert de taches d’huiles, de sang et d’autres substances qu’il serait souhaitable de ne pas identifier. L’odeur était nauséabonde, un mélange d’urine et de souffre, même si cela semblait changer en fonction du secteur, ça n’en restait pas moins difficilement supportable. La rambarde à l’étage était rouillée et semblait menacer de tomber à tout moment, ce qui n’empêchait pas certaines personnes de s’appuyer dessus.

Les couloirs étaient bondés, le bruit des moteurs se combinait avec le boucan de la foule. Mais il y avait de la lumière. Les cabines de l’équipage avaient été plus ou moins bien aménagées en chambres ou commerces et la plupart possédaient des lanternes. Leur lueur n’était pas assez forte pour éclairer correctement le vaisseau mais il était désormais possible pour l’esclave de savoir où elle mettait les pieds. Ce qu’elle voyait ne la satisfaisait pas pour autant. Une haine intarissable mélangée à une anxiété dévastatrice se lisait dans le regard de la plupart des gens.

Les passants à proximité du couple contemplaient avec insistance la nouvelle tête qui arpentait les boyaux du vaisseau. Chisana parvenait à reconnaître certains visages de la prise de Nitram et paraissaient terrifiés. La plupart des gens qui croisaient le regard sadique d’Evdomos baissaient les yeux ; les autres étaient probablement des vétérans et le connaissaient suffisamment bien pour ne pas se prêter à son petit jeu d’intimidation.

Le duo s’arrêta au coin d’un passage et Chisana vit son mentor s’incliner. Elle fit de même et releva la tête. Un Space Marine se tenait debout aux côté d’une dame âgée, entourée par des livres. La cabine semblait être la bibliothèque du pont inférieur.
Le géant avait ôté son casque, des tatouages noirs et blanc recouvraient son visage et son crâne pour lui conférer une apparence de squelette. Même si elle ne pouvait pas contempler l’intégralité de son anatomie, Chisana se doutait que ces motifs se poursuivaient sur son torse et le long de son dos. L’effet morbide était assuré.

Il portait son casque sous le bras, les longues ailes de chauves-souris lui arrivaient à l’épaule. Il était au moins aussi effroyable que son maître.

- Seigneur, quelle bonne surprise, que faites-vous ici ? lança Evdomos d'un ton faussement mielleux.

- Je n’ai pas besoin de me justifier auprès de toi chien, garde ton air insolent pour tes sous-fifres. Présente-moi plutôt à ta compagne, Enchaîna l’Astartes en désignant la jeune femme.

Le serf grommela et s’écarta pour que les deux protagonistes se retrouvent face à face.

- Seigneur, voici Chisana, la servante du capitaine Elygon, captive de Nitram, il se tourna vers sa partenaire, Voici le seigneur Khemri, membre de la seconde griffe et frère d’arme de ton maître.

Doutant de la façon dont elle devrait réagir, l’esclave s’inclina, hésitante, sous le regard froid du Night Lord. Même sans leurs casques, les Night Lords étaient terrifiants. Les yeux noirs de Khemri la scrutaient. Elle avait croisé ses prunelles un dixième de seconde et elle avait l’impression que son supérieur s’était inséré dans son âme.

- Sers bien ton maître, et si tu dois devenir comme ton tuteur, qu’importe la réprimande du chef de la seconde griffe, je te planterai ma hache dans le crâne -il se retourna vers la bibliothécaire- je repasserai, Kanaya.

Chisana blanchit à l’idée de subir le courroux d’un tel être. De plus, bien qu’elle ne comprenait pas vraiment comment elle pouvait partager le moindre point commun avec Evdomos, elle n’avait aucune envie de lui ressembler de quelque manière que ce soit.

Le géant remit son heaume et s’éloigna en marchant, Bolter à la main. Chisana fut surprise de voir qu’un Space Marine hérétique était proche d’une simple mortelle et qu’un sentiment amical était réciproque entre les deux.

- J’ai connu Khemri quand il était enfant, jeune fille, commença la libraire comme si elle avait lu dans les pensées de son interlocutrice, j’ai été emmenée en même temps que lui sur le vaisseau, il a été enrôlé et revient me voir de temps en temps. Il n’y a plus grand monde d’encore vivant qui le connaissait.

- Blablabla, coupa Evdomos en tendant la main, comme c’est touchant, un manuel de Nostramien, Kanaya ! Tes histoires de vieille peau n’intéressent personne.

L’ancienne se retourna sans discuter et fouilla dans une pile de livre à côté d’elle. Elle devait être habitué à de telles railleries de la part de son interlocuteur. Elle sorti un ouvrage bleu-gris assez épais et le tendit vers le donneur d’ordre.

- C’est très aimable à toi, répondit-il avec sarcasme avant de lancer le libellé vers son élève.
Chisana rattrapa l’ouvrage en vol, surprise.

- Lis le, apprends la langue, c’est celle de tes maîtres. Tous les membres d’équipages doivent parler le Nostramien. Il n’y a pas de délais imposés mais fais de ton mieux pour t’instruire. Maintenant suis moi, nous allons te chercher une arme.

La servante feuilletait déjà les écrits qu’elle avait dans les mains. Elle paniqua un moment avant de dire au revoir à Kanaya d’un signe de la main, en souriant. Cette dernière lui rendit et lui proposa de revenir quand elle le souhaitait. Ce qu'elle ferait probablement, la vielle dame usait d'un ton rassurant et son allure contrastait avec la violence omniprésente du pont.

Elle fut rassurée de voir que même parmi les renégats il restait des humains et se surpris elle-même en s’imaginant créer des liens d’affection avec des hérétiques. Des êtres qu’elle avait appris à haïr toute sa vie, dont certains membres semblaient aussi amicaux que ses concitoyens impériaux. Cette vision des choses était troublante, à tel point qu’elle en avait oublié son malaise lorsque les hommes d’équipage la collaient un peu trop en passant.

Chisana commença à feuilleter le manuel qu’on lui avait confié. Les premières pages semblaient concerner le système numérique de Nostramo. Des runes étaient dessinées à côté des chiffres latins du bas gothique. Le système semblait relativement simple. Le changement de base allait demander un certain temps d’adaptation mais rien d’insurmontable. L’alphabet en revanche, nécessitait un investissement considérable : apprendre à dessiner et différencier de tels symboles n’allait pas être aisé. Les dagues aiguisées qui représentaient les extrémités de chaque rune allaient de pair avec la tonalité tranchante de certains mots.

Elle poursuivi sa lecture rapide pour tomber sur des phrases et expressions de politesses de la vie de tous les jours. Elle tenta de reproduire une phrase en suivant le modèle phonétique indiqué. Le son qu’elle produisit était peu agréable à l’oreille. Elle l’avait probablement mal prononcé, mais le mélange de consonnes liquides et sourdes formait des mots à la fois doux et agressifs.

Elle fut tirée hors de sa lecture par un gémissement poussé à proximité.

Un individu se faisait passer à tabac dans une cabine et personne ne semblait y prêter attention, ou plutôt personne ne souhaitait intervenir. A cinq contre un, l'homme au sol n'en sortirait certainement pas sans séquelles et peut-être même pas vivant. “l’empereur protège“ pensa-t-elle.

Chisana se retourna et heurta de nouveau Evdomos. Ce dernier s'était arrêté à un stand, ce qui semblait être un petit dépôt d'arme. Un soldat avec une mitrailleuse lourde la contemplait. Il jouait de ses épaules pour se donner un air imposant.

La servante regarda autours d'elle et constata que le militaire n'était pas seul ici. Elle supposa qu'il faisait partie d'une petite milice chargée d'éviter des émeutes ou des vols d'équipement de guerre. A côté de lui se tenait un Space Marine, le géant avait l'arme baissée, patrouillant comme pour rappeler à la populace qui régnait en maître sur le bâtiment. Les mortels les plus expérimentés semblaient s’être habitué à la présence du guerrier, néanmoins, aucun ne l’approchait à moins de deux mètres. Preuve que même l’ancienneté ne suffisait pas à amoindrir la peur qu’on pouvait ressentir sur ce vaisseau.

"- Tu m'a pris pour un ravitailleur impérial ou quoi ? S'énerva le marchand, hors de question que je te file le fusil laser pour aussi peu de pièces.

- Irashia sta'hay ! Jura Evdomos, l'autogun et le pistolet et je ferme les yeux sur ton commerce de drogue s’il ne prend pas trop d'ampleur ! et le tout dans un sac.

- Kosh’eth tay, sourit le vendeur en tendant la marchandise, c'est toujours un plaisir de commercer avec toi, je t'offre l'étui !

- Pourquoi ils n'interviennent pas ? demanda la jeune femme avec hésitation.

L'homme cessa de vérifier la qualité de ses achats et scruta les alentours pour savoir de quoi il retournait. Il aperçut le réglage de compte et se retourna vers sa disciple.

- Parce que tout le monde s'en fout Chisana, ça veut dire que moi aussi. Il a probablement été trop honnête, ou pas assez... - il s'esclaffa en caquetant- peut-être est-il juste nouveau. Si ce spectacle te déplaît, tu peux décider de le stopper.

Il lui tendit le pistolet laser qu'il venait d'acquérir.

- Cet équipement est pour toi et l'insigne a ton col de donne le droit de faire justice comme tu l'entends... que vas-tu décider, Servante d'Elygon ?

Chisana n'était pas du genre téméraire, ni très courageuse. La vie de cet homme valait-elle vraiment la peine de risquer la sienne ? L'aide portée à un renégat, même en difficulté représentait-t-elle vraiment une bonne action ? Elle devait choisir entre son humanité et sa loyauté.

Son cœur lui perçait la poitrine. L’ocytocine et l’adrénaline lui brulait les artères. C’était pourtant une situation banale à laquelle elle aurait pu faire face n’importe où. La difficulté qu’elle éprouvait à prendre une telle décision la mettait mal à l’aise, n’importe où ailleurs ou avec une tout autre compagnie, elle aurait agi sans hésitation.

Un tir retentit et un rayon de lumière rouge frôla sa tête. Evdomos avait l'arme pointée sur le groupe d'agitateur.

Un impact noir s'était dessiné aux pieds d'un des perturbateurs et ces derniers interrompirent tout mouvement.

"- Foutez le camp, la prochaine c'est dans la tête, tous les membres d'équipages sont importants mais pas irremplaçables, réglez votre affaire autrement.

Evdomos n'eut pas besoin d'en dire plus, sa réputation suffisait. L'une des crapules cracha sur la victime avant de partir et tous les fauteurs de trouble se séparèrent.

- Il faudra faire un petit rappel à l'ordre dans ce quartier... marmonna-t-il. Et maintenant en ce qui te concerne, enchaîna-t-il avec un ton de réprimande, si tu veux que quelque chose soit fait, agis toi-même, il n'y aura pas de prochaine fois et tu dois apprendre à te débrouiller seule.

- Je n'ai jamais tué personne, avoua-t-elle avec fierté et dans un élan de courage, j'ai eu une formation pour manier une arme sur Nitram mais je n'ai jamais combattu, je ne suis pas une meurtrière comme toi !

Son interlocuteur la regarda avec dédain et pitié. Deux sentiments qu’elle n’aurait jamais imaginés exprimés dans un esprit aussi tordu.

- Tu le deviendras, tu apprendras, peut être avec plus de réticence que je le souhaiterais, mais certainement plus vite que tu ne le penses.

Il rangea le fusil dans la besace et tendit cette dernière à sa partenaire en même temps que le pistolet laser rangé dans son étui.

- C'est à toi, prends. Il y a deux chargeurs pour chaque arme, si tu as besoin de plus, tu devras retourner ici. Maintenant on s'en va.

La femme s'équipa de la sacoche et fixa l'étui à la taille.

- et l'homme battu ? interrogea-t-elle.

- Rien à faire, répondit Evdomos en haussant les épaules, c'est toi qui a voulu le sauver et on a un emploi du temps chargé, nous n'avons pas le temps de niaiser."

Elle lança un dernier regard vers la scène du crime et courut pour rattraper son coéquipier.

Un silence pesant s'était instauré. Evdomos semblait être la personne la plus lunatique que Chisana avait rencontrée au cours de sa vie. Tantôt dément à l'attitude malsaine, tantôt homme de main sérieux et cynique. Ces changements de personnalités troublaient la jeune femme. Et s’il devenait hors de contrôle ? Se demanda-t-elle, Qui pourrait l'arrêter ? Même avec une arme, Chisana ne s'estimait pas capable de le maîtriser et il semblait exercer un certain contrôle sur une partie des habitants de ce pont.

En voyant défiler les passants devant ses yeux, un détail qui lui avait échappé jusqu'alors retint son attention.

"- Où sont les enfants sur ce vaisseau ? questionna-t-elle, regrettant d'avoir demandé au moment où elle finît sa phrase.

- Il n'y en a pas. L'équipage est “infructueux“ à cause de la corruption du vaisseau. Les seuls qui y ont séjournés sont maintenant des néophytes dans la Légion et portent déjà leur armure.

- Ça veut dire que je vais devenir stérile ? s'inquiéta Chisana.

- Oui, dans quelques jours ou semaines probablement, continua-t-il sur un ton désinvolte, ça dépend des gens, et du nombre de sauts Warp que nous faisons...

Elle marqua une pause et reprit, interloquée.

- Mais si tout le monde est infécond, comment des enfants ont pu fouler les ponts de ce bâtiment ? Comment recrute la légion ?

- Lorsque nous faisons une escale -un sourire fétide s’étendaient déjà aux coins de ses lèvres- nous recherchons les enfants et les nourrissons, puis nous les enlevons à leur famille. S’ils résistent, nous les abattons. Si l'enfant passe les tests physiques et psychologique avec brio, et survit à la mise en place des implants Space Marine, ils deviennent des néophytes. Les autres servent comme toi et moi ou bien meurent s’ils sont trop faibles."

Il avait dit ça comme si c'était une évidence, comme si arracher des enfants à leur famille et les condamner à une vie d'hérésie était une chose bénigne. La jeune femme avait beau se répéter des dogmes impériaux mais malgré ce qu’elle voulait croire, l’empereur ne surveillait pas toute la galaxie. Autrement, de telles atrocités n’existeraient pas, elle le savait et sa foi commençait à s’étioler.

Evdomos frappa l'épaule d'un homme assis à ce qui paraissait être une taverne.

"- Corshia Sey, Lerri ! rugit l'individu en se levant, poings serrés.

Ce dernier soupira en découvrant l'identité de son opposant et se rassit dépité.

- Pas d'alcool, cracha Evdomos les dents serrés en faisant signe à son élève de prendre place à la table, ça serait dommage de ne plus pouvoir piloter et perdre la confiance de nos maîtres en cas d'attaque n'est-ce pas ?

L'équipage autours d'eux ne sembla même pas se préoccuper du petit groupe, comme si cette situation était habituelle. L'homme était de taille moyenne, vêtu d'une veste en toile noire ornementée d'un badge différent de celui de Chisana, sans qu'elle parvienne à distinguer sa forme exacte. A première vue, l'esclave lui donnait le même âge qu'elle. Des mèches noires s'arrêtaient au-dessus de ses yeux. L'un d'eux était recouvert d'un bandeau, une blessure de guerre supposa la servante. Une cicatrice contrastait avec le blanc de sa peau au niveau du cou. Cette dernière semblait se prolonger sur le torse du jeune homme. Malgré les preuves de son expérience en combat, il restait plutôt bel homme. Il était impressionnant, mais ne dégageait pas la même aura malsaine que son guide.

- Chisana, voici Elingham, commença le servant de Vantas en grimaçant, le meilleur pilote de Thunderhawk du Dread of Mankind, selon ton maître. Ce dernier a insisté pour que ce soit auprès de lui que tu fasses ta formation. Le reste des choses que j'ai à t'apprendre viendra avec l'expérience.

Un long blanc plana au-dessus de leur table jusqu'à ce qu'un serveur arrive pour prendre leur commande. Il était gros, son tablier était taché de tellement de substance qu'il était impossible de deviner sa couleur originelle.

- La prochaine fois que tu sers de l'alcool à une personne possédant ce badge, commença Evdomos en désignant la veste du pilote, je te coupe les mains. -il se leva- Maintenant, je vais régler quelques affaires de mon maître, fait visiter à notre nouvelle arrivante endroits à connaître et le hangar puis raccompagne là à sa cabine. Elle est à côté de la mienne. Morovai saro ne'Thra Voroshia.

Il disparut dans la foule en rigolant. Ses caquètements se firent entendre plusieurs secondes après son départ, même mélangé au brouhaha de la marée de serf et de soldat qui déferlait dans les allées.

- Amène moi un recaf et un jus de Ploin, ordonna Elingham en tendant quelques pièces au serveur.

- Un jour il finira par vous tuer, sourit ce dernier sans vraiment exprimer de joie, une goute ruisselant sur sa tempe.

- Inquiètes toi d'abord pour ta peau, elle risque de finir en chaussure pour ce taré.

Le tavernier s'éloigna, sans un mot, encore plus angoissé qu’a l’origine. Le pilote observa minutieusement Chisana pendant plusieurs secondes. Gênée par un calme pénible, elle prit la parole.

- Excusez-moi, mais qu'a-t-il dit en partant ?

- C'est une expression pour dire au revoir. Répondit-il sans sourire, tu pourrais la traduire par "ne meurt pas en premier". Tu finiras par comprendre toute seule les subtilités et la poésie de cette langue ; et laisse tomber la politesse, tutoie-moi.

Un jus de fruit fut déposé devant la servante. Elle en bu une gorgée et fut agréablement surprise. C'était le même qu’elle avait l’habitude de prendre à Nitram. Ce repère qu’elle venait de retrouver la remplie de joie et elle enchaîna les gorgés, savourant un goût fruité qui hydratait le fond de sa gorge.

- Profites en, s'exclama-t-il après avoir vidé d'une traite sa tasse, c'est une des rares choses que nous avons en commun avec l'imperium. Nous partirons une fois que tu auras fini ton verre. -il marqua un arrêt- Qui auras-tu l'honneur de servir jeune fille ?

- Le seigneur Elygon, répondit-elle en insistant sur le titre.
Il leva un sourcil, imité par les locaux des tables proches qui écoutaient la conversation.

- Tu es plutôt chanceuse, faire quoi que ce soit aux biens du capitaine vaudra à n'importe qui la mort, même ce psychopathe d'Evdomos.

- je ne suis pas un objet ! protesta Chisana à haute voix. Elle remarqua des sourires se dessiner sur les visages de ses voisins.

- Bien sûr que si, comme nous tous, à ceci près que tu as plus de valeur que moi. répliqua-t-il en soupirant, feignant la tristesse.

Chisana baissa les yeux et sirota son verre. Il était cynique, quelque peu impertinent et son jeu d’acteur était très mauvais, mais elle parvenait à remarquer ses tentatives pour la mettre plus à l’aise.

- Tu te rendra compte que cet endroit n'est pas si différent que ta station spatiale, reprit le pilote d'une voix compatissante, on est juste plus à cheval sur la discipline.

Un silence pesant s'instaura. N'en déplaise à Chisana qui, cette fois, aurait tout fait pour le faire durer. Elle continua de boire en ignorant les regards pénétrants de son partenaire. Il avait probablement remarqué les marques de larmes et la trace de gifle sur ses joues. Gênée par une telle insistance, elle finit son breuvage plus rapidement que prévu.

Elingham se leva et posa une main sur l'épaule de la jeune femme. Cette dernière se dégagea violemment, comme par réflexe, apeurée. Tous deux s'excusèrent simultanément, l'un par politesse, l'autre pour son reflexe déplacé.

- Tu sais, avant, commença le pilote en s'esclaffant, Evdomos s'occupait de la formation des recrues dans son ensemble, certains sont devenus fous et depuis la plupart de nos maîtres nous ordonnent de nous diviser les tâches.

La servante se demanda où il voulait en venir, et l'observa, c'était la première fois qu'il souriait depuis leur rencontre.

- Tout ça pour dire que si tu veux trouver quelqu'un à qui parler, tu peux venir me voir, je pense tout de même être plus abordable que notre “ami“ commun.

Chisana hocha la tête, sans grande conviction et sans vérifier qu'Elingham l'avait remarqué. L'homme semblait avoir un bon fond, malgré son hérésie. Il s'était excusé alors que son geste était tout ce qu'il y a de plus banal et avait été compatissant. Peut-être qu'entendre son histoire serait intéressant se dit-elle, peut être que tous les traîtres n'étaient pas mauvais...

- Dis, commença-t-elle à mi-voix, tu me donne l’impression d'être un homme bon, pourquoi restes-tu ici ? il n’y a pas un moyen de s’échapper ?

Elingham explosa d’un rire jaune.

- Seuls ceux qui servent l'empereur sont bons ? Et Si je pouvais partir, ça serait pour aller où ? Dans tous les cas, je n’ai aucune envie de retourner dans les rangs des chiens de l’Imperium. Si tu es une fille intelligente ne dis plus de choses comme ça.

Il cracha sur le sol et se renfrogna.

L’esclave sentait que ce n’était pas le bon moment pour lui demander de conter son histoire et baissa la tête, déçue de la réaction de son partenaire.

- Va lire un peu d’histoire auprès de Kanaya, et tu changeras peut-être d’avis. Après avoir passé du temps sur ce vaisseau et après le premier assaut, j’ai arrêté de regretter l’imperium. –il marqua une pause- je t'emmène aux hangars, tu ne vas pas apprendre à piloter en un jour bien sûr, et tu devras m'accompagner en combat pour acquérir de l'expérience. Cependant, je veux que tu connaisses un minimum l'appareil que tu manieras, tu passeras du temps dans le simulateur.

La jeune femme suivit de près sa nouvelle connaissance et engagea sans hâte sa visite approfondie du Dread of Mankind. 
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Moriarty
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MessageSujet: Re: [Chap2] Un moment d'égarement entraîne une vie d'hérésie   Mer 24 Mai - 22:29

C'est pas mal, pas mal du tout même! (je commente pour les deux chapitres en un du coup)
Comme pour tout univers de sf, c'est un peu déstabilisant au début, avec beaucoup d'infos qui arrivent en même temps, mais on s'y fait vite. Les personnages sont à mon avis très bien dosés. Il ont chacun une identité et un caractère, mais sans pour autant tomber dans un poncif prévisible. Et j'ai franchement hâte de lire la suite.

Comme l'a dit Saad, le style manque un peu d'enjeu, mais ça viendra avec le temps. Les dialogues sont très bien en revanche, même s'ils gagneraient à être un peu mieux mis en forme (mets des guillemets).

Un très bon début en tout cas, faut juste que le style se développe un peu avec l'expérience!
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Aratos
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MessageSujet: Re: [Chap2] Un moment d'égarement entraîne une vie d'hérésie   Jeu 25 Mai - 11:16

Merci de ton retour

Déstabilisant mais y a certains moment qui t'ont fait aller voir sur internet ou qui t'ont vraiment gênés ou pas ?
Et concernant les figures de style etc, j'en ai rajouté (probablement toute x) ) après le commentaire de saad, est ce que tu vois d'autres endroit où il serait bien d'en avoir ? J'ai du mal à savoir où les utiliser, j'ai pas le réflexe...
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Moriarty
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MessageSujet: Re: [Chap2] Un moment d'égarement entraîne une vie d'hérésie   Jeu 25 Mai - 16:54

Non, j'ai pas eu besoin d'aller me renseigner ailleurs. J'ai surtout buggé au début (à partir du moment où tu parles de l'apothicaire), parce qu'il y a trouzemille personnages et que tu bourres les pronoms en même temps, je pigeais pas qui était qui et qui parlait à qui. Mais c'est très vite passé

J'ai pas d'exemple précis en tête pour les figures de style, mais hésite pas à y aller au feeling. C'est toujours plus facile d'enlever un truc qui sonne faux que de devoir parcourir le texte pour en rajouter
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MessageSujet: Re: [Chap2] Un moment d'égarement entraîne une vie d'hérésie   

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[Chap2] Un moment d'égarement entraîne une vie d'hérésie
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