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 [Vagabonds à Louer] Episode 7: En Route.

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Saad
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MessageSujet: [Vagabonds à Louer] Episode 7: En Route.   Lun 6 Fév - 4:58

La nuit avance et étend ses sombres bras sur un hameau illuminé par la lueur immaculée et glacée de l'astre lunaire.
Le corbeau déploie ses ailes et plane, funeste et volatile présage – au regard embrumé du superstitieux-, au-dessus de l'enchevêtrement de pierres, de paille et de bois, une île de civilisation au milieu d'une mer de champs, aux montagnes de chaumières, parsemée ça et là de fragiles flambeaux, de lanternes et de torches, ensoleillant les murs leur faisant face du halo d'ambre et d'agrumes d'une étoile se couchant.

Sur cet îlot campagnard trône en maîtresse l'église à la cloche endormie.
Mais le soir les hommes ne louent plus les divins, les prières et les sacrements se taisent dans leurs bouches fatiguées.
A la paroisse ils préfèrent la taverne, le vin de la messe laisse place aux flots de bière. Quoi de mieux que l'alcool pour noyer l'ennui d'une vie monotone ?

Les fidèles se muent en clients, le prêcheur en aubergiste, et la prière en escapade, en course contre le temps, contre l'inéluctable, un duel de boissons entre le paysan et son destin tragique.

Le sermon de rires, de grasses plaisanteries, d'humour lourd et pataud, accompagne les choeurs des verres s'entrechoquant.

La routine se poursuit, même là où on pense la fuir. Le train-train quotidien a agrippé les âmes laborieuses, comme une malédiction dont on ne peut se défaire, pas même temporairement.

Et pourtant, ce soir est un autre soir. L'inattendu a ouvert ses bras, tendant aux fermiers un nouveau visage. Et quel visage.
Il ne parle pas, ne regarde personne si ce n'est le fond de son verre, qu'il sirote sans grande conviction. Ses longs cheveux retombent en mèches sales et poisseuses devant son visage, sa barbe désormais imposante est tachée de terre et de poussière, un amalgame de résidus de vagabondages, mêlées à l'eau de pluie. Et peut-être aux larmes.
A sa droite, une sauvage reconvertie en lame à louer, qui le toise d'un regard à la fois curieux et insistant, qu'il ne semble même pas voir.
A gauche, son imposante épée, reposant dans sa gaine de cuir, comme un monstre assoupi auquel il doit vie et fidélité, la seule chose dont il semble s'occuper, à présent.
Dans son esprit, un bourbier de souvenirs douloureux, de passé malheureux, d'expériences tragiques. Une mémoire de sables mouvants, dans laquelle il s'enfonce à vue d'oeil.
Et, comme la pluie transforme la terre en tourbière, la bière transforme son âme en cimetière.

Machinalement, sans même demander son reste, le tavernier sert coup après coup.

Les sourires sont morts sur les visages des fermiers. Un silence pesant se répand en ondes malfaisantes, se propageant dans la pièce depuis la silhouette armurée. L'âme errante apporte avec elle son désarroi.

Pourtant, un jeune homme va braver le silence.
Son père, fermier comme lui, tente de le retenir, mais il se lève, emportant sa chope, et s'installe à côté de lui.

La mercenaire lui jette un coup d'oeil circonspect. Il n'y prête pas attention.
« Monseigneur... » Amorce t-il pour attirer son attention.

Plusieurs secondes s'écoulent... La tignasse souillée se lève très légèrement, et se tourne tout aussi lentement, l'interrogeant d'un regard fatigué.
Il ne doit pas avoir vingt ans, le gamin. Son visage est couvert de terre, ses cheveux bruns sont salis par le dur labeur. Sous ses mains apparaissent déjà les callosités typiques de ceux qui labourent, sèment et récoltent. Et ses lèvres s'arquent dans un sourire timide.

« C'est pas un noble, petit. » Lui dit la mercenaire avec tendresse.
« Oh... Je... » Bredouille le garçon.
« Appelle-moi comme tu veux. » Le rassure le chevalier. Et... Serait-ce un sourire ? Serait-ce un rictus compatissant ? Amical, peut-être ?
« Je demandais... D'où vous venir ? »
« D'un peu partout. J'ai beaucoup voyagé. »
« Où ça ? »

Le chevalier plonge son regard de le vague... Fouillant dans ses souvenirs, voguant sur la mer de sa mémoire.
Mais au lieu d'y retrouver des visages ensanglantés, des amitiés brisées et des amours perdus, voilà qu'il aperçoit les montagnes, les forêts, les grandes citadelles et les falaises, les fleuves et les torrents.
Oui, voilà qu'une nuée d'oiseaux s'envole et s'élance à tire-d'aile dans un ciel si familier, un ciel d'enfance, un ciel d'apprenti, de novice, le ciel qui l'a abrité durant ses jeunes années.

« J'ai vu... J'ai vu les immenses forêts de Storvan. J'y ai chassé du gibier. J'y ai marché pendant des jours. Je me délectais de l'odeur de l'humus, et de la mousse humide. Tu dois connaître ça. Voir la nature s'épanouir et s'évader devant toi, voir les écureuils, les faons et les biches t'observer d'un œil intrigué, pour détaler lorsque tu croises leur regard. » Murmure t-il.

« Quoi d'autre ? »

Soudain, le sol tremble dans sa mémoire, le voilà bourlingué dans une caravane qui fonce à vive allure, ou sur un cheval lancé au triple galop. Voilà que le paysage défile, change, se mue en villages, en villes, en pierres taillées ou en terre battue.

« J'ai arpenté les routes allant d'Irverein à Erstemark, j'ai voyagé avec les marchands, les mercenaires... J'ai un jour rencontré un commerçant elfe. Il m'a fait goûter le miel des Araignées de Dha'Tazil, et un plat qu'il appelait du Lomyanel. Il y avait de la viande comme je n'en avais mangé. Des épices et un mélange de lait, de miel et de sucre, caramélisé au-dessus du feu où grillaient des fruits et des légumes aux saveurs douces, parfaites.
Il m'a parlé de sa terre, de son peuple. Et j'ai écouté. Je l'ai écouté parlé des grandes Spires qui s'élèvent dans les cieux, je l'ai écouté parler des mages de l'arcane, qui façonnent la réalité, le temps, la matière, qui courbe notre monde face à leur volonté. Il m'a parlé des Plumes d'Argent, ces flèches qui se muaient en rais de lumières lorsque les chevaliers nobles les tiraient de leurs arcs d'or et d’électrum. Ces guerriers chantaient en allant à la bataille, et montaient des créatures de pure magie, qui étincelaient comme le plus brillant des soleils, et qui couraient plus vite que le vent. »

« Et les orcs ? Vous avez vu des orcs? »

Le tumulte d'un fleuve en furie résonne dans son esprit. La pièce tangue, secouée par la colère des éléments... Mais une voix, la plus harmonieuse que le monde ait jamais porté, fait taire le vacarme acharné. La tempête s'apaise, et écoute le conteur.

« Oui. Oui j'en ai vu. J'ai pris un bateau à Brûmante, qui voguait sur l'Aral. A son bord il y avait un Komanshokul, un poète des âges. Il chantait en faisant vibrer sa gorge, et ses chants parlaient de leur histoire. Il a chanté l'âge Ancestral, quand les Grands Anciens ont façonné la race orc, qui avait sombré dans la barbarie, la décadence, et la guerre.
Puis il m'a chanté les castes, les poèmes, les rites religieux, les philosophies, les grands guerriers, et les grands forgerons. Il m'a chanté le destin d'un orc qui a dévoué sa vie à la culture de la terre, et qui, aimant chaque plante et chaque insecte, avait transformé un désert aride en un jardin luxurieux. Et il m'a chanté ses disciples, qui étaient venus de par les îles pour apprendre son art. Et quand ils ont demandé à devenir ses apprentis, il leur a répondu que l'amour ne s'apprenait pas, qu'il se vivait et se ressentait. Et depuis, un grand temple de moines itinérants a été formé. Ils redonnent la vie aux arbres morts, ils offrent la végétation aux lieux souillés par le sang et la guerre. »
« Des druides ? »
« Peut-être. »

« Et des nains ? Vous avez dû en rencontrer, non ? »

« Des forgerons, des marchands. Des explorateurs. J'ai croisé un maître rune, dans une armurerie, alors que je passais par Firderan. Nous n'avons pas parlé, il est sorti tandis que j'entrais... Mais je me souviendrai toujours de son visage. Il était parcouru de tatouages rituels. Des runes, des serpents entremêlés, des loups et des ours. Ses bras étaient cerclés de motifs tribaux et runiques, et, passant près de lui, j'ai senti la force qui émanait de ces puissants ornements. Mes oreilles bourdonnaient, j'ai senti un picotement dans mes doigts, dans mes membres, dans mon esprit. Et, lorsque nos regards se sont croisés, il m'a foudroyé sur place. Nous nous sommes juste regardés dans les yeux, pendant à peine une seconde, mais cela lui a suffit pour me tétaniser, me paralyser. Je ne parvenais plus à penser, mon esprit était vide, mes membres ne me répondaient plus. J'ai arrêté de respirer et mon cœur s'est arrêté de battre. Je suis resté immobile pendant... Un temps dont je ne parviens même plus à me rappeler. C'était la première fois que je faisais face à la vraie puissance.
La puissance sublime, démesurée, impossible à comprendre ou à rationaliser. La puissance qui ne se lit pas dans les livres, qui ne s'imagine pas. Mais qui se ressent. »

Alors, un visage revient à son esprit. Celui du nain. Celui de Thorim. Son sourire, sa voix, son entrain et sa joie. Voilà que tout lui revient à l'esprit.
Qu'est-il devenu ? Est-il seulement encore en vie ?
Certainement... Evidemment. Voilà un homme qui rirait jusqu'au nez de la mort.
Dans un instant de lucidité, le conteur se retourne... La salle entière s'est levée. Autour de lui, les visages avides de savoir d'une troupe de paysans stupéfaits, estomaqués, faisant face à l'immensité du monde, eux qui n'en ont jamais vu qu'un fragment.

La pause du combattant fait s'élever les murmures, les conversations. De-ci de-là on s'étonne, on soupire, on sifflote admirativement, on échange ses pensées, ses questionnements. « Et comment cela est possible ? » « Je pensais que ça n'existait pas. » « Quel homme, c'est fou. » « Ca me semble étrange mais il a l'air tellement convaincu... »

« Et vous, monsieur. Parlez-nous de vous. » Le presse un fermier.
« Il n'y a pas grand chose à dire. »

De l'émerveillement, la foule passe à la stupeur. Un homme d'une telle science doit forcément avoir une histoire palpitante, une épopée digne des plus grandes légendes ! Le genre de conte fantasmagorique si incroyable qu'il paraît inventé, la noble quête d'un héros solitaire, qui a tout vu, tout fait.
Mais surtout... Comment en arriver à là ?
Comment un tel héros peut tomber si bas ?

L'homme baisse la tête, le silence retombe. Son visage radieux de conteur transporté par son récit se mue en la triste mine de l'homme abattu qu'ils ont connu.

Un à un, les paysans retournent à leur table, le public s'émiette, disparaît. Le jeune homme retrouve son père, et le guerrier retrouve sa bière.

Ne reste qu'un regard, celui de la mercenaire. Il tourne le sien vers elle, et découvre une mine éblouie. Elle ne sait que dire, se contente d'opiner du chef.

Une dernière gorgée, le vagabond finit sa chope. Le tavernier s'approche pour la remplir, mais voilà qu'il la couvre de sa main.
« J'ai une mission qui m'attend. Je vais dormir. » Lui dit-il.

Acquiesçant, l'aubergiste lui tend la clé de sa chambre en indiquant les escaliers.

« Bonne nuit, Allester. »
« Toi aussi, Kleyï. A demain. »


Allongé sur son lit, le chevalier retrouve la douceur des draps, le moelleux de l'oreiller, le confort du matelas, et la chaleur du duvet. L'armure repose au pied du meuble, l'épée auprès de son maître.
Mains croisées derrière la tête, contemplant le vide, les yeux rivés sur la charpente, de vieilles images repassent dans sa pensée, comme les pages d'un conte dont il viendrait de se rappeler.
Bercé par ces souvenirs, pour une fois heureux, ses yeux se closent.
Enfin, le repos lui est accordé.

Une légère quinte de toux secoue son corps... Mais ne l'empêche pas de s'endormir, apaisé.


La blonde lumière d'un radieux soleil illumine un visage endormi, déposant de chauds baisers sur des paupières closes, alourdies par la torpeur d'un long et délectable sommeil.
Le chant du coq accompagne la gloire céleste, en une hymne champêtre, hommage au jour naissant, une trompette de la nature, un cor de guerre renvoyant au combat ordinaire.

Le réveil est difficile... Quelle erreur de ne pas avoir rabattu les volets, le voilà réveillé alors que quelques heures de repos supplémentaires ne lui auraient pas déplu.
Gémissant, maugréant, le guerrier tranquille frotte ses yeux encore embrumés.
Un long soupir, il déploie ses bras comme des ailes, et, encore allongé, s'étire en souriant. Quelle nuit parfaite.

La plante de ses pieds frissonnant rencontre le froid plancher, ses pas l'amenant à la fenêtre. A travers la vitre sortent les paysans et les fermiers, faux et fléaux dans les mains, allant couper et battre le blé ; leurs fourches impatientes d'amasser la paille. Au dehors tout est d'or : les feuilles d'automne, les champs ondulant sous une légère brise, le ciel au levant... Et ce qui ne l'est pas est au moins de bronze, ou de cuivre. La campagne n'a jamais parue aussi riche.

Distraite, une tête tourne au hasard, un regard croise le sien. Le fermier encore rêveur le salue de la main... Il répond en levant la sienne. Chaque homme du village a dû entendre parler de lui, à présent. La petite minorité n'ayant pas assisté à son conte en aura sûrement ouï dire pendant la nuit, ou la matinée.

Le chevalier errant reste à la fenêtre quelques minutes, à contempler l'agitation de l'humanité, et le calme de la nature, la chaleur des draps mourant peu à peu dans ses chairs encore engourdies.
Le froid agrippe bientôt sa conscience rêvassant, le rappelant à l'ordre : Il a encore un travail à accomplir, et une associée à retrouver.

Enfilant sa tunique et ses braies de lin, il se saisit de son armure.
Tirant de sa besace un pot de graisse de bœuf, il nourrit et entretient les sangles de cuir, puis, polissant l'acier de son chiffon, le gratte avec une pierre ponce pour combattre la rouille. Un soin consciencieux, long et fastidieux, mais nécessaire : c'est avec ces petites attentions que l'on garde indéfiniment une armure aussi vieille soit-elle, aussi rudes fussent les combats qu'elle a connu.
La cotte de maille glisse dans les bruissements de l'acier, les lanières de cuir vivement serrées crissent et se referment, leurs boucles fermées avec soin, les plaques d'armure sont en place ; il cale son armet sous son bras.

Se saisissant de son baudrier où repose sa lourde épée, il le passe en bandoulière, et, enfilant ses gants, refermant les sangles et lacets de ses bottes, se contemple dans la grande, éraflée et poussiéreuse glace trônant sur le mur lui faisant face.
Revigoré et paré à combattre la vermine, le mercenaire reprend du service.

Descendant dans la salle, hélé par le tavernier qui lui sert un copieux petit déjeuner, le chevalier scrute la taverne en quête de la mercenaire.

« Bien dormi, messire aventurier ? » Lui demande le tenancier.
Allester, surpris, relève la tête. « Messire aventurier »... C'est trop d'honneurs pour un simple vagabond, aussi équipé soit-il.
« A la perfection, je vous remercie. » Répond-il.
« Je vous en prie. » Sourit l'aubergiste. « Les routes ne sont pas sûres ces derniers temps, entre les bandits, et ces démons à cornes... Ca fait plaisir d'avoir un guerrier de votre trempe parmi nous. » Poursuit-il en hochant la tête, plaçant sur le comptoir fromage, pain, et viande séchée « Pour le voyage, vous en aurez besoin. »
« Je vous repaierai votre générosité, je vous le promets. » Assure t-il en les mettant dans son sac. « Et Kleyï ? »
« Elle habite ici, mais elle part souvent en ville pour ses emplois. D'habitude elle escorte les marchands, voyez comme elle est bonne : il suffit qu'elle laisse une caravane sans surveillance pour qu'elle se fasse piller. » Assure t-il avec un rictus désolé.
« L'homme qu'on doit aller chercher... » Murmure le chevalier, perplexe.
« Oui, le fils du marchand que ces brute ont attaqué ! Je vous le dis, si vous voulez finir votre voyage sain et sauf, demandez Kleyï. Cette femme est une armée à elle toute seule ! » S'exclame t-il.
« Merci pour le compliment ! » Lance une voix proche de l'entrée.

La porte claque, le claquement des semelles retentit.
Allester se retourne... Et lâche un soupir admiratif.

Appuyés par d'épaisses bottes de peau aux lacets solidement noués, débordant de laine, laissant deviner du confort absolu de ces véritables grèves de cuir et de tissu, ses pas assurés, martiaux et pourtant félins portent les jambes d'une traqueuse agile, rapide comme le vent, protégées par des genouillères et cuissardes de peau tannée, ainsi que par une fine braconnière maintenant serrées des braies d'un brun et vert foncés, les ceintures et sangles enserrant ses cuisses portant flasques, poignards et pochettes.
Uniquement couverts par d'épaisses lanières de cuir et des coudières renforcées, ses bras presque nus, superbement musclés, ciselés par un sculpteur expert, portent une lourde hache de bataille, une imposante cognée qui semble plus être faite pour écraser la chair plutôt que de la trancher, de quoi briser n'importe quelle garde, n'importe quel os.
Au-dessus de son élégante taille une légère cuirasse, visiblement rembourrée au niveau du ventre et de la poitrine, finement travaillée, laisse échapper des morceaux de fourrure et des fibres de lin, quelques plaques de métal noircies au charbon de bois et couverts de résine végétale rajoutant une épaisseur protectrice sur les points vitaux, une armure souple mais efficace traçant la courbe férale, sauvage d'un corps rôdé autant à la bataille qu'aux longues errances.
Et, surplombant ce corps de belliqueuse athlète, ce regard revêche, ce sourire de fauve, ces yeux d'ambre que la promesse d'une quête épique fait étinceler d'excitation, ce visage buriné par l'expérience, et pourtant adouci par l'insouciance presque juvénile d'une guerrière combattant pour servir son prochain et remplir son écuelle.

« Je vous le dis : une armée à elle toute seule. »
Contemplant la stupéfiante stature de la guerrière, le regard du chevalier se durcit, ses yeux se tintant de fer et sa résolution se muant en acier.

« Monsieur est reposé ? » Le nargue la mercenaire, son sourire s'élargissant en un coin, formant un rictus moqueur et découvrant des dents aux allures de crocs.
« Et équipé. » Rétorque le chevalier en opinant du chef...
Avalant son reste de flocons d'avoine, il se lève, et enfile son armet.

« Faites attention à vous, d'accord ? » Leur adresse le tavernier tandis qu'ils sortent de l'établissement.
« T'en fais pas pour ça. » Le rassure la combattante sans même se retourner.

« En route. » Lance Allester, passant son havresac en bandoulière, rabattant sa visière dans un claquement sec et métallique.
Et Kleyï d'approuver, chargeant son sac de voyage sur une épaule, sa hache sur l'autre.
« En route. »







En espérant que vous aimerez ce passage, la suite arrive bientôt !
Et oui j'ai fini sur un cliffhanger putassier à la Resident Evil. C'est pour la bonne cause, promis.

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MessageSujet: Re: [Vagabonds à Louer] Episode 7: En Route.   Lun 6 Fév - 20:28

Yay! Ce que je t'avais déjà dit sur le début vaut toujours: je trouve ça absolument magnifique, très poétique, et je ne parviens pas à me détacher du fait que ça me rappelle à mort le monologue de Blade Runner.
La description de Kleyï est très sympa, et le cliffhanger très convenu, je ne t'apprends rien sur ce point
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Saad
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MessageSujet: Re: [Vagabonds à Louer] Episode 7: En Route.   Lun 6 Fév - 20:37

Héhé, oui, il est convenu... Mais tu sais, je suis un homme simple qui se contente de peu, j'aimais bien le visuel et je le trouvais assez classe, hinhin.

En tous cas merci de tes retours... Paré pour la suite ?

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MessageSujet: Re: [Vagabonds à Louer] Episode 7: En Route.   Mer 8 Fév - 0:57

Cet épisode à été particulièrement poétique il me semble. ( même si les autres le sont également. )
C'est plus posé plus calme, avant que l'aventure commence ( n'est ce pas ? )
Toujours de belles et sympatiques descriptions.
Que dire de plus ? Les dialogue aussi. Vraiment bien.

En ce qu'il concerne directement l'action et l'histoire ? Allester vas mieux. Et ça ce passe plutôt bien pour lui. Et ça fais plaisir ! Tout simplement. ( certain passages sont magique ! Comme son reveil [ça, c'est tout a fait subjectif, mais j'ai trouver ça très beau] , ou evidement le moment important de l'episode ou il commence à raconter quelques ptits trucs devant tout le monde )

J'ai hâte de lire ce qu'il va arriver à nos deux compagnons.
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Saad
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MessageSujet: Re: [Vagabonds à Louer] Episode 7: En Route.   Mer 8 Fév - 0:59

Ca ne te décevra pas, je peux te l'assurer.
Merci pour ton retour ma petite, ça fait plaisir. L'épisode est presque terminé, ne restent que deux scènes.

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MessageSujet: Re: [Vagabonds à Louer] Episode 7: En Route.   Mer 8 Fév - 23:23

Un peu de poésie... Une lueur d'espoir... Comment c'était beau. Belle quantité de texte alors que l'action n'a même pas débuté. Je suis impressionnée et absolument pas déçue du caractère calme et positif de cet épisode.
*Mh, à quand le retour de Thorim...*

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MessageSujet: Re: [Vagabonds à Louer] Episode 7: En Route.   Jeu 9 Fév - 3:01

Merci beaucoup ma grande ! Je me suis demandé à un moment si ce côté positif et optimiste ne cassait pas avec le caractère d'Allester... Mais au final, je pense que c'est mieux comme ça. Il a bien le droit à un peu de répit, de temps en temps.

Très heureux que ça te plaise, la suite arrive vite. Très vite.

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MessageSujet: Re: [Vagabonds à Louer] Episode 7: En Route.   

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[Vagabonds à Louer] Episode 7: En Route.
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