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 NARC - Partie III [Fin]

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Saad
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Localisation : J'aurais bien une idée mais ça va pas te plaire.

MessageSujet: NARC - Partie III [Fin]   Lun 21 Nov - 3:17

Un véhicule d'un rouge délavé fonce à travers les rues, dans la pénombre d'un soir désert, traversant la ville à vive allure... A son bord, une silhouette fantomatique, être de cuir et de fer, inspectant les allées de son regard d'acier, main sur le volant et l'autre sur son PDA, faisant office de GPS. Son itinéraire est tout tracé, il n'est pas sorti pour se balader... Mais pour couper des têtes.
Les yeux toujours braqués sur la route, il ouvre sa boîte à gants, la fouille sans la regarder.
Une masse de métal et de bois en émerge... Un Berretta 19fs. Une arme robuste, fiable, iconique, dont il maîtrise à la perfection le maniement.
Sniper sans lunette, il pose le doigt sur la détente, et se saisit du percuteur, qu'il tire en arrière dans un cliquetis métallique malveillant. Tch-CLAK ! S'écrie l'arme avide, trop longtemps délaissée.
Ouvrant son épais et large trench-coat de cuir craquelé, contrôlant le volant du genou, il range l'arme dans un holster soigneusement dissimulé.
L'ennemi n'ira pas bien loin, la moindre résistance sera écrasée sans la plus infime pitié, et la moindre contestation sera réprimée par le plus expéditif des feux : Celui des armes.

La voiture traverse les rues à une centaine de kilomètres à l'heure, au mépris de toute législation, de tout code, tacot au moteur vrombissant et toussant, claquant sous le poids des âges et de l'antique mécanique, le diesel se déversant dans le carburateur et explosant pour faire tourner la machine.
Sans plaque d'immatriculation ni signe distinctif, le véhicule est de pure sobriété, l'efficacité dans l'outil... Comme dans l'homme. Comme dans l'âme.
Au fond de son regard ne demeure qu'un froid glacial et funeste, un regard terrifiant, l'émotion absente de ces pupilles constamment rétractées. Son masque est de fer, son cœur l'est tout autant. Une âme mécanique arme un bras solide et immuable.

Les lieux changent à mesure qu'il progresse, ce qui fut glorieux se fait délabré, les bâtiments se font sauvages, incivils, les murs hauts et entretenus de la riche ville laissent place à des bâtisses aux parois rustres et craquelées, leur peau de plâtre et de crépis se couvrant de peintures de guerre : tags en tous genres, insultes et menaces, une centaine de centaines de revendications de territoire, comme une multitude de drapeaux dressés sur une colline abandonnée... Un concours de "à qui la plus grosse tache informe sur le mur dont plus personne ne se préoccupe".
Paradoxalement, dans cet urbain aux allures de jungle, les êtres vivants se mettent à apparaître. Et quels êtres...
L'antique voiture est dévisagée par une multitude d'yeux gonflés et hagards, aveuglés par les substances toxiques courant dans leur sang, dévorant leur organisme, et sûrement leur vie. La terrifiante humanité presse son odieux visage au dehors des vitres.
Il ne la regarde pas. A quoi bon ?
Un de ces jours il aura à les tuer, eux aussi. Ou peut-être laissera t-il ce loisir à la garde urbaine, lorsqu'il aura quitté cette ville, parti combattre le crime, la débauche et la corruption dans une autre cité riche et glorieuse... aux bas-fonds pourris, délaissés, corrodés par les mauvais traitements, rongeant le peu de civilisation que leurs voisins nantis leur laissent. Des chiens squelettiques grignotant les restes d'un succulent repas, un trop maigre met qui ne fera que retarder leur déchéance. Leur décadence.

Ici on ne se nourrit pas d'idéaux, de culture, ou de science ; on survit par les armes, les muscles roulants et les combines pourries. On tâche de faire sa route en espérant ne croiser celle de personne, car les regards sont aussi dangereux qu'une lame, les sourires sont armés de poignards, et les mains de surins.

Dans le vacarme distant des disputes conjugales, des règlements de compte et des plaintes incessantes de âmes perdues, dans la maigre foule de punks, de prostituées et de dealers, la voiture avance, inexorable, et finit par distancer la jungle urbaine et sa loi, qui n'est plus celle du code civil, mais bien de la rue.

Il est temps maintenant de trouver un nouveau cimetière. Après les tombes de l'humanité, celles de l'industrie.
Le moteur s'arrête devant une vieille usine, sa portière s'ouvre et claque, et une ombre émerge d'une carcasse de tôle rouge, avançant d'un pas assuré, tête baissée, rentrée dans les épaules, la démarche d'un homme sorti pour tuer.
Sa main glisse dans son long manteau de cuir, en extirpant un engin de mort.


Telle la ruine d'une antique cathédrale, bâtie à la gloire de la toute-puissance industrielle, l'édifice s'élève dans une aura pesante, oppressante. Ses mur lézardés, éventrés lui donnent l'aspect d'un cadavre de fonte et de béton, de briques et de ciment.
D'un premier coup d'oeil expert, et ce malgré l'épaisse pénombre, à peine dissipée par la lumière blafarde d'une lune cachée derrière d'imposants tumulus, ledit agent de la justice repère plusieurs entrées : fenêtres, portes, et notamment l'immense portail métallique de la manufacture, la fonte rouillée, les gonds grinçants.
Alors qu'il approche d'une future zone de guerre, des mécanismes profondément enfouis dans son inconscient formaté s'éveille.
S'avançant vers l'édifice, il passe en revue chacune des options quant à l'entrée à choisir, mais en écarte la plupart d'un revers de logique tactique : Passer par les entrées principales est suicidaire en territoire ennemi.

Longeant les murs, il rôde autour de la bâtisse sans le moindre bruit, à la recherche de l'entrée propice.
Il s'arrête... Trouvée : à peine visible dans la pénombre, totale de ce côté du bâtiment, une large brèche éventre un des murs, les briques défoncées reposant en un tas de gravats autour de la faille béante. S'approchant à pas de loups, il s'apprête à entrer... Se fige.
Une telle opportunité ?  Un appât à fouineurs et à flics débutants, c'est précisément le genre d'endroits que l'on piège et surveille de près, un point stratégique et crucial, où les intrus sont repérés et abattus. Pièges à loups, charges explosives, fusils chargés et à la détente fragile, systèmes d'alarmes... Parfois une simple batterie de casserole, primitif et bruyant. N'importe quoi ferait l'affaire, et l'humain montre une efficacité remarquable quand il s'agit de pourrir la vie de son prochain.
Il serait impossible, au vu de l'obscurité régnant sur l'endroit, de remarquer quoi que ce soit... Même une mine antipersonnelle passerait inaperçue, enveloppé dans une si épaisse pénombre. Et pourtant sa vision est claire. Voyant comme en plein jour, il analyse minutieusement l'entrée, sans pour autant se tenir dans l'encadrure de la faille... Une précaution qui lui éviterait d'être repéré si une sentinelle venait à passer. Jetant un coup d'oeil à l'intérieur de l'usine, il constate l'absence de tout vigile... Aucun comité d'accueil ? Etrange.
Son inspection confirme ses suspicions : Un fil de nylon, à une dizaine de centimètres au-dessus du sol...
Enjambant le fil avec la plus extrême précaution, l'Inquisiteur se faufile dans la structure...
Quelques pas rapides, il se baisse derrière un caisson de bois, penchant la tête pour analyser son environnement.
Les amas de récipients, caisses et bidons, l'absence de machines ou de lignes d'assemblages semblent indiquer qu'il est entré dans l'entrepôt.
La façade reflète bien l'intérieur : l'usine est complètement à l'abandon, et cette section de la bâtisse semble avoir été délaissée il y a de cela plusieurs années... C'est à se demander si l'endroit est fréquenté. Il n'y a rien d'étonnant à cela : un groupe réduit ne s'installerait pas dans un lieu si ouvert, si propice à un assaut, ils préféreraient une zone plus restreinte, plus simple à surveiller.
De nombreuses passerelles métalliques, pour la plupart écroulées, indiquent la présence d'un deuxième étage, visiblement inoccupé. Sur les murs droits et gauches, portes et fenêtres sont barrées, barricadées, l'accès interdit par des amas de bois et de clous, par de  lourdes chaînes, un amas de bric et de broc tenant lieu de précautions.
La façade du fond, quant à elle, présente ce qui semble avoir été une encadrure de porte... Cette dernière est absente, peut-être enfoncée par les truands lors de leur intrusion.
Les murs sont éclatés, laissant apparents leur chair de briques et de ciment, des pans entiers de plâtre gisent au sol... C'est sûrement de là que vient la poussière infestant l'endroit, formant une épaisse couche de poudre blanche, et... Il stoppe sa réflexion : il y a des traces sur le sol.
On a traîné quelques chose dans cette poussière, quelque chose de trop lourd ou de trop encombrant pour être porté. A en juger par la nature des marques, il est probable qu'on l'ait roulé au sol... Les barils récupérés chez ApoTecharian.
La piste amène son regard jusqu'à l'encadrure. L'ennemi se cache derrière ces murs.

Se redressant, il se met en marche, mains sur le flingue.



Dans le fond de la pièce, faiblement éclairée par la timide lune, des barils rouillés d'un vert sombre et délavé s'amoncellent dans le désordre le plus total, les uns sur les autres dans un chaos déraisonnable, empilés à la va-vite et dans une négligence aussi prudente que professionnelle.

Dans le couloir menant à cet espace de stockage improvisé, d'une porte ouverte émane une intense lumière mêlée du blanc des néons, de l'orange des lampes... Et du vert du Waste.

« Ils pourraient grouiller leur cul, ces chimos' de merde. » Crache un homme sec, appuyé contre la porte, le regard torve et la gueule édentée. Ses muscles maigres et noueux parcourus de veines hypertrophiées par une musculation trop intensive. Tendu comme un arc, aussi amical qu'un pitbull, et aussi insupportable qu'un caniche à qui on aurait écrasé les parties entre deux galets, il porte à la ceinture une machette gardée précieusement dans un épais fourreau de cuir.
« Fous-leur la paix, putain, vas t'branler les couilles et arrête de m'les péter, tu m'saoules à t'plaindre toutes les deux minutes. » Lui répond son « collègue », adossé contre l'encadrure du labo, autrement plus costaud, sa voix grave transpirant l'exaspération et la lassitude, tâchant de concentrer son attention sur la lecture de sa revue pour le moins paillarde.
« Bordel, mais c'est pas compliqué de mélanger deux barils et de foutre le tout dans un autre, si ? » S'offusque t-il, son visage s'empourprant en passant du pâle maladif au rouge sanguin, tremblant de rage.
« Tu préfères qu'ils le fassent vite et qu'on se retrouve avec de la merde partout ? Tu veux barboter dans de l'acide cyanhydrique ? Non ? Bah  fermes ta gueule et laisse-les bosser. »

Le petit teigneux, une machette à la ceinture, tape du pied, et promène son regard enragé tout autour de lui. Opinant aléatoirement du chef, sa langue passant d'une joue à l'autre, le visage tordu par une myriade de mimiques aléatoires, il passe sa main sur son visage creusé par l'abus d'héroïne...

Le second, visiblement incapable de détourner son attention du singe sous crack lui tenant place de complice, ferme brutalement son magazine.
A ses côtés, contre le mur, un puissant fusil d'assaut, le genre de bête qu'on ne trouve pas par hasard dans la rue...

« C'est pas si simple que ça d'faire la came. Faut un dosage. C'est de la chimie. »
« Parce que t'y piges quelque chose, toi ? »

Son interlocuteur ouvre la bouche, préparant sa rétorque... Avant d'être coupé par un bruit fort et soudain. Le couloir adjacent... Menant directement à l'entrepôt. Quelqu'un aurait déjoué leur piège ?

Echangeant un regard inquiet, le premier se saisit du fusil d'assaut en évidence, le second en empoignant un autre, appuyé contre le mur interne du laboratoire de fortune.

Laissant une dizaine de mètres entre elles, les sentinelles avancent à pas de loup.

Le premier approche de l'embranchement, le canon de son fusil pénètre dans le couloir...
Et pénètre dans un cauchemar.

Jaillissant de la plus parfaite pénombre, dissimulée par le mur, une main gantée de cuir saisit le canon de son arme et le tire en avant, un coude se dresse dans les ténèbres et vient frapper visage défiguré par la terreur, la main armée d'un pistolet. La dernière chose qu'il voit avant de frapper le sol, entraîné dans sa chute par le fusil qu'il a oublié de lâcher, est le visage de métal du démon venu les cueillir, deux yeux exorbités, les pupilles rétractées dans une expression de rage incontrôlable glaçant son sang, les éclairs qu'ils projettent traversant son âme, son cerveau et son cœur.

Le deuxième lève le canon de son arme... Trop lent. En une fraction de seconde, une aile de cuir se déploie, et un éclat métallique frappe son regard. Le bras se raidit et pointe vers lui un canon béant. La dernière chose qu'il entend avant que sa cervelle explosée ne se répande contre le mur, est la violente détonation de la poudre. Projeté à terre, son crâne réduit en miettes par l'hollow point, un œil vient se déloger de son orbite et traîner sur le sol, uniquement retenu à son cerveau en bouillie par son nerf optique, le visage figé dans une expression de stupeur impuissante mêlée de terreur, défiguré par les shrapnels de laiton et de cuivre ayant transformé sa peau et sa chair en un méchouis sanglant.

Une deuxième détonation retentit, une autre balle vient perforer un crâne fragile, répandant son contenu sur le sol, dans une gerbe de sang trempant les murs, une flaque écarlate et rampante se répandant comme une marée de mort.

Deux secondes, deux victimes.


Deux casques hazmats jaunes se relèvent, deux regards stupéfaits se concertent, et se tournent vers l'entrée du laboratoire... Où la silhouette terrifiante d'un étranger au manteau de cuir les braque de son arme avide. Froide, colossale, la stature de l'être les écrase. Leurs genoux faillissent, l'un d'entre eux titube et tombe au sol, le dos plaqué contre l'établi.
C'est alors qu'il l'aperçoit... Le cadavre de son complice. Son crâne éclaté, son cerveau répandu, la mare de sang gagnant en ampleur et coulant aux pieds de son meurtrier... Qui est cet homme ? Qui est ce démon ? Ils sentent sur eux le regard impitoyable et inhumain d'un bourreau sanguinaire et implacable, la main froide d'une justice expéditive leur serrer le cœur en le glaçant, hurlant à leurs oreilles un ricanement sordide, malsain, tétanisant.

« Attendez ! » S'empresse d'hurler le premier chimiste, sa supplication à moitié étouffée par le casque.

Une nouvelle détonation retentit, une violente gerbe de peinture rouge tache le mur.

« Ta gueule. »

Le cadavre s'effondre, la tête explosée, dégueulant son contenu sur le sol du laboratoire.

C'est fini... Il est perdu. Le deuxième se recroqueville, le rire de la peur se mêle à la cacophonie se répercutant contre les parois de son crâne... Terrassé, il ferme les yeux pour échapper à la folie qui l'entoure.

Une main empoigne le haut de sa combinaison et l'arrache, laissant à l'air libre son visage décomposé par l'effroi. Un cri désespéré se bloque dans sa gorge serrée, il sent les larmes monter, la peur lui déchirer le ventre, empoisonner son cœur battant la chamade. La main le saisit par le colback, et le redresse. Son sang se glace… Sa conscience le quitte, dévorée par ce qui lui fait face.
Dans son regard est maintenant planté celui du tueur. Indescriptible d'horreur, le visage froid et lisse, le masque inhumain, les yeux de bête sauvage, gonflés par l'adrénaline, rouges de haine et de sang, les vaisseaux sanguins prêts à exploser sous la pression de sa colère, une rage latente, persistante, éternelle et toujours présente, prête à exploser n'importe quel moment.

Son poing s'écrase sur son visage, brisant son nez et ses dents, le projetant au sol, sa tête frappant le un tonneau dans sa chute, l'ouvrant sous la violence du choc. Peinant à redresser la tête, il pousse un gémissement gargouillant, un filet de sang dégoulinant entre ses dents...
Sa semelle s'écrase sur son crâne, une fois, deux fois, trois fois, arrachant à ses poumons des hurlements de douleur, mutilant son visage et déchirant un peu plus son front, défonçant un peu plus son nez, ajoutant encore du sang et des larmes au vestige sanglant qu'est sa face déchirée par le passage à tabac.
Retourné par son agresseur, une myriade de coups de poings vient massacrer un peu plus sa gueule dévastée.
Les pensées, la peur quittent son esprit vaincu par la douleur... Une souffrance si abjecte qu'il est incapable de la ressentir, anesthésié par la violence des coups.

« Qui te fournis ? »

Il sait ce qui l'attend s'il parle... Il est en parfaitement conscient. Qu'il le tue, cela vaudra mieux que de subir le destin attendant les balances.

« Jamais... » Gargouille le chimiste.

On le relève, on le redresse... Encore ?
Une lueur verte, fluorescente et toxique vient illuminer ses rétines... Non, pas ça !

« Attendez... Non ! Non ! Je vous en supplie ! »

La tête au-dessus du baril, il peut déjà sentir l'acidité des déchets toxiques, le mélange d'amande amère et de pourriture, et surtout, bien plus puissant que la plus nauséabonde des pestilences, l'odeur de la plus pure des terreurs.

« Pas ça, je vous en prie... »
« Parle. »
« Mais qu'est-ce que vous voulez savoir... Pourquoi vous faites ça ? »
« Qui te fournis ? Qui te file ces barils ? »
« C'est... Ils me tueront, ils me tortureront et ils me tueront ! »

La lumière se fait plus vive, sa tête est violemment approchée du baril... Il aperçoit à la surface les bulles toxiques des déchets chimiques, bouillonnant, grésillant, crépitant dans un enfer mutagène et corrosif, une imprécation biologique.

Il pourra toujours le supplier de le tuer, il pourra toujours mettre fin à ses jours, ou s'échapper, partir loin, les fuir... Il aura toujours des alternatives pour échapper à ces types... Mais pas à lui. Pas à ça.
La peur est trop forte pour sa raison, cédant pour laisser place à la plus docile des obéissances.

« C-c'est des mecs qui bossent avec ApoTecharian, ils nous les filent pour s'en débarrasser ! »
« Pourquoi ont-ils besoin de matériel radioactif ? »
« C'est... C'est pas radioactif, c'est mutagène... C'est pas radioactif... »
« Tu bossais chez eux ? »
« Oui... Oui, ils m'ont viré... Mais j'étais qu'une petite main, un sous-fifre... On me donnait des trucs et je faisais les... Les manips qu'il me demandaient de faire... Je cherchais pas plus loin... »
« Qu'est-ce qu'ils en faisaient ? »
« Je sais pas... Mais... Mais j'ai jamais rien su, de toute façon, ils me disaient rien... Je sais pas... »
« Ne me fais pas perdre mon temps. »
« Oui ! Oui... Je crois qu'ils faisaient des médicaments avec ce genre de trucs... Moi je faisais rien avec du matériel dangereux, mais ils faisaient des recherches avec ce genre de produits... »
« Qui s'occupe des déchets de l'entreprise ? »
« Quand je travaillais chez eux c'était... Alahem... Dizim Alahem. »
« Vous sous-traitiez à quelle entreprise pour acheminer les déchets ? »
« Euh... Je... Je crois que c'était Typhon Transports... Et y'avait... Y'avait aussi Kholmen Kerneg... Et  Far... Farlands Entreprise... C'est tout ce que je sais... »
« Tu en es sûr ? »
« Oui. »
« Bien. »

Il enfonce sa tête dans le baril de déchets toxiques, y plongeant les mains sans aucune hésitation.
Les bras du chimiste battent l'air, bougeant de manière anarchique tandis qu'il barbote dans le liquide toxique, des bulles remontant la surface, se multipliant... Sa chair rentrant en ébulition et ses muqueuses fondues par le contact du millier de produits nocifs, ses trachée, ses poumon bientôt noyées sous le flot de sa chair en liquéfaction.

L'extirpant du bac, il le jette au sol. Parcouru de spasmes, le chimiste encore en vie rampe au sol, la peau de son visage se liquéfiant, d'énormes bubons de chair apparaissant sur son crâne enflé par la pression de son crâne, ses os rendus mous, ses dents tombant et ses lèvres se décrochant de son visage dévasté par les déchets. Sa langue n'est plus qu'un flot de chair fondue, dégoulinant dans sa gorge, les pores de sa peau ouverts comme des cratères, s'ouvrant et se fermant au rythme de sa respiration, comme un millier de bouches infâmes, suintant d'un pus blanc jaunâtre, son sang devenant visqueux, collant.

La botte de l'Inquisiteur se lève au-dessus de son crâne, et s'abat sur la tête mutée, l'explosant comme une tomate trop mûre, éclaboussant le sol et les tonneaux d'un mélange de sang, de liquide vert-jaune collant, et de cervelle, rendue molle et visqueuse.
De petites bulles apparaissent à la surface dudit mélange, rongeant lentement le métal des barils.

Voilà ce qu'il mettait dans les veines de ses concitoyens, de ses « clients ».

L'Inquisiteur tourne les talons, et s'éloigne, aussi mécanique qu'à l'habitude.

Avant de partir, il ôte son masque de fer.
En une seconde à peine, ses poumons se gonflent à en craquer, créant une boule abjecte dans son diaphragme, distordant son ventre.
Il se retourne brutalement...

Un flot de flammes se déverse dans le laboratoire, brûlant corps et preuves, et barils.

Un fumet pestilentiel s'élève dans l'usine, tandis que le liquide mutagène, acide, toxique, caustique, brûle dans un mélange de flammes bleues, vertes et blanches.




Au loin, une voiture d'un rouge délavé fonce à travers les rues, laissant derrière lui un carnage inhumain, froid et impitoyable... Une usine reconvertie en abattoir.






Note: J'l'avais commencée y'a un bail, et j'suis content de l'avoir finie. Je dois dire que je me suis lâché sur la dernière partie. J'en ai tellement chié pour pondre ces trois chapitres que toute la frustration que j'ai emmagasiné pendant ces deux derniers mois, à pas savoir comment poursuivre, à chercher la bonne voie pour continuer, à effacer ce que j'avais fait pour le réécrire, pour me rendre compte que ça allait pas... Bref, toutes les tentatives ratées se sont un peu cristallisées dans les derniers paragraphes.
Donc je déconseille la fin aux esprits sensibles et/ou à ceux qui ont l'imagination visuelle fertile...

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MessageSujet: Re: NARC - Partie III [Fin]   Mar 22 Nov - 18:15

Une conclusion dans la veine des deux premiers épisodes, c'est à dire vachement cool!
La... "trempette" de fin me rappelle étrangement une scène de Robocop (et en employant l'expression "trempette", je viens de me rendre compte que ça me rappelle aussi Qui veut la peau de Roger Rabbit)
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Saad
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MessageSujet: Re: NARC - Partie III [Fin]   Mar 22 Nov - 18:19

Ouais, clairement, c'est l'idée que j'avais en tête en la faisant.
J'adore cette scène, vraiment choquante.
C'est pas aussi gore que ce qu'on fait aujourd'hui, mais merde c'est d'une violence.

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MessageSujet: Re: NARC - Partie III [Fin]   

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